SCÈNE IV. i
Dette brutalité n'est pas dans sa nature. Je veux lui pardonner, car il s'excusera.
LEMIUE.
Oh ! je le connais mieux ! Jamais il ne voudra Reconnaître ses torts. C'est une fausse honte Que jamais fièrement un homme ne surmonte. Reconnaître ses torts, ce serait s'avilir. Et bien qu'on soit en faute on n'en veut convenir.
PIERRE
Vous vous trompez, patron... Je reconnais ma faute. J'étais surexcité. Ce maudit vin vous ôte Tout sentiment. C'est vrai, bien près de m'oûblier, Jeanne, sans le vouloir, j'allais t'humilier. Pardonne-moi !
Il tend la main à Jeanne qui lui donne la sienne.
LEMIRE
Très bien ! ce mouvement t'honore.
Tu n'es pas tout à fait mauvais. Il reste encore Quelque chose de bon dans le fond de ton cœur. Tu te relèveras peut-être. Par malheur Ton penchant est trop vif, à ta perte il t'entraîne. Pierre, voilà trois jours déjà de la semaine Qu'au seuil de l'atelier tu n'as point reparu.
PIERRE, avec embarras.
Je vous dirai, patron,... c'est que...
JEANNE
Pierre...
LEMIRE
J'ai cru
''20 LA CAISSE d'ePAUGNE.
Que Pierre était malade et je vois le contraire. Il était donc resté sans motif à rien faire ?
PIERRE
J'ai voulu me donner une heure de bon temps. Le ciel était si clair et si gais les enfants, Que je me suis senti pris d'un besoin de rire, De chanter ; n'est-ce pas, Jeanne ?
JEANNE
Monsieur Lemire T'excusera, j'espère...
PIERRE
Oh ! je n'en doute point !
LEMIRE
Vous pourriez bien, mon cher, vous tromper sur ce point.
PIERRE, étonné.
Hein? qu'est-ce à dire? que. . .
LEMIRE
Que je ne puis admettre Que pour un vain caprice on ose se permettre De quitter son travail, de laisser son patron Dans l'embarras.
JEANNE
Monsieur Lemire, i^ierre...
LEMIRE
Ncm!
Je n'accepterai pas la plus légère excuse. Pierre depuis longtemps de mes bontés nbisc