III
SâÉËBife
SERVICES VARIES
dans les résultats que l'on peut obtenir avec le plus faible effort, lorsqu'on sait le continuer.
On entend souvent répéter dans certains milieux que l'épargne n'est pas possible avec un gain limité et que l'ouvrier ne peut pas aujourd'hui posséder son livret à la Caisse d'Epargne. Albert de Coulon s'élevait toujours, avec la vivacité et la chaleur d'une conviction profonde, contre une pareille erreur, démentie d'ailleurs par les faits et l'expérience de tous les jours... Nous nous souvenons qu'il nous citait entre autres le cas d'une pauvre veuve, exerçant le métier de blanchisseuse, et qui réussissait, tout en élevant très convenablement sept enfants, à force de travail et d'énergie, à grossir chaque année son pécule à la Caisse d'Epargne de Fr. 150...
Je ne veux pas soutenir que l'épargne soit toujours possible à tous, qu'elle soit toujours facile : les circonstances et les chances de la vie sont diverses ; l'énergie, le courage, la volonté ne sont pas le lot de chacun ; mais je ne puis admettre d'autre part que l'on soutienne la thèse inverse, et que l'on présente comme un axiome l'impossibilité
et l'inutilité, dans les conditions économiques actuelles, de tout effort de l'ouvrier vers l'épargne personnelle. Si nous pouvions passer la revue de cette armée de 40.000 déposants neuchâtelois, combien n'en trouverions-nous pas qui pourraient nous apporter la réfutation vivante de cette téméraire affirmation !
Albert de Coulon, par son dévouement personnel à la Caisse d'Epargne, par l'activité qu'il a déployée pendant près de vingt ans comme Directeur non
CHARLES WEIBEL
Receveur
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rétribué, par sa science et son expérience financières, a puissamment contribué au développement et à la solidité de cette institution...
Dans un pays démocratique comme le nôtre, le devoir de ceux qui ont la fortune et le talent, c'est de ne pas vivre égoïstement pour eux-mêmes, c'est de ne pas rester inactifs et inutiles, mais c'est au contraire, après avoir fait la part de ce qu'il faut donner aux siens, à sa famille, de dépenser le surplus de son temps, de son énergie, pour les autres, pour les moins favorisés, pour la cité, pour son pays, en donnant l'exemple du travail assidu, du travail qui est la loi féconde de ce monde ; et c'est cette partie de nous-mêmes que nous avons su donner aux autres, cette somme d'utilité que nous avons su réaliser dans notre vie, qui est la mesure de notre mérite et, lorsque vient la mort, le poids laissé par nous dans la balance.
Avant de clore ce chapitre, constatons qu'à la date du 2 septembre 1885, l'établissement dont nous retraçons les destinées était, si l'on peut dire ainsi, entré dans l'histoire : nous voyons en effet le Directeur proposer à ses collègues d'offrir au Musée historique, récemment créé à Neuchâtel, le plus ancien coffre-fort de la Caisse d'Epargne. Ce meuble avait été acquis dans la liquidation de la banque Fornachon, en 1847: jusqu'à cette date, le coffre-fort de Louis Coulon avait suffi!...
D'autre part, et dans la même séance, M. Comtesse informe la Direction que la plaque commémorative posée dans le bâtiment académique, dont l'inauguration est prochaine, indiquera que cet édifice a été érigé par l'État, avec le bienveillant concours de la Caisse d'Épargne et de la Municipahté de Neuchâtel.