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Conditions d'admission
A TENEUR de son Règlement, la Caisse d'Épargne ne reçoit des dépôts que des personnes appartenant au Canton de Neuchâtel, soit par leur origine, soit par leur domicile Cette particularité la distingue d'emblée des deux établissements avec lesquels elle offre le plus d'analogie, nous voulons dire la Caisse d Epargne de Bâle et celle de Genève, qui ne connaissent
aucune restriction de cet ordre et comptent parmi leurs créanciers non seulement de nombreux Suisses d'autres cantons, mais une forte proportion d'étrangers.
Cependant la Caisse d'Epargne n'a jamais cru manquer à l'esprit de ses statuts en acceptant les économies des riverains du lac et des gens qui ont Neuchâtel comme centre d'affaires, spécialement des maraîchers (marmets et crampets). Mais elle a toujours refusé les demandes des localités qui, comme La Neuveville, par exemple, possèdent elles-mêmes une caisse d'épargne.
Sollicitée il y a une vingtaine d'années de créer des agences hors du canton, elle a repoussé cette idée pour la bonne raison qu'elle a déjà suffisamment de capitaux à sa disposition et qu'une extension de son champ d'opérations dans le sens demandé lui en amènerait une telle quantité, qu'il pourrait en résulter de graves difficultés.
Lorsque des déposants se fixent à l'étranger et conservent leur livret, — et le cas est fréquent, — ils ont à trouver au pays un intermédiaire dûment accrédité par eux et muni de la procuration nécessaire pour le retrait de fonds. Toutes les opérations, en effet, doivent se faire aux guichets. Mais l'esprit patriarcal et souple des fondateurs de la Caisse d'Épargne y est demeuré trop vivant pour qu'on ne fasse pas certaines exceptions dans quelques cas particulièrement intéressants ; ainsi en faveur des institutrices, valets de chambre, etc., qui n'ont personne de confiance au pays, qui n'y connaissent personne, ou qui souvent même doivent laisser ignorer à leurs tenants et aboutissants qu'ils ont quelques petites économies au pays.
C'est dans le même esprit de sollicitude pour les humbles et les déshérités que l'on a ouvert parfois, exceptionnellement, un second
carnet à certains déposants, la plupart mineurs, qui se trouvent être titulaires d'un livret usufruité ou mis en gage, et sont souvent, par ce fait, empêchés de placer des économies.