CONCLUSION
La famille neuchâteloise est justement fiére des hommes dont le patriotique élan lui a valu les bienfaits de la république et de la démocratie ; elle a célébré, il y a quatorze ans, leur mémoire avec un enthousiasme unanime et dans l'heureux accord de tous les partis. Elle saura s'unir aussi pour rendre l'hommage qu'ils méritent à ces hommes de cœur et de foi, qui, en créant chez nous le goût et la sécurité de l'épargne, ont assuré la dignité de chaque citoyen, et créé du même coup un prodigieux instrument de progrés et de prospérité générale.
Mais il nous ont rendu encore un service d'un autre ordre: celui d'affirmer en toute occasion, en dehors et au-dessus de nos luttes ardentes, la solidarité nécessaire et profonde qui unit les diverses régions du pays.
Grâce à l'esprit de pur patriotisme et d'abnégation qui a constamment inspiré ses directeurs, la Caisse d'Épargne a été parmi nous un agent d'union et de bonne entente. Jamais, au cours même des années les plus agitées par les dissensions politiques, les passions du dehors ne sont venues troubler la sérénité de ses conseils, ni obscurcir la pureté de son idéal. Elle a poursuivi sans défaillance, en dépit des révolutions, les deux fins qu'elle se proposait : assurer le bien-être des individus par l'épargne, et par cette même épargne servir la collectivité.
Tout permet de croire qu'elle continuera, dans le nouveau siècle qui s'ouvre pour elle, à accomplir cette double fonction, à poursuivre ce double idéal.