PARTIE financière ET ADMINISTRATIVE
Maximum annuel des versements. Au début, la Caisse ne pouvait recevoir dans une même année d'une même personne plus de 168 livres tournois de dix batz valeur de Neuchatel, (i) soit Fr- 233,50.
Le Règlement de 1840 porta ce maximum à 500 livres tournois, soit environ Fr. 700.
Elevé à Fr. 1000 en 1882, il fut de nouveau abaissé à Fr. 700 dés décembre 1891.
Désireuse de donner plus de facilités aux déposants qui se voient dans la nécessité d'opérer des retraits momentanés sur leurs livrets, la Direction décida en 1893 que les versements ne seraient plus limités à Fr. 700, mais qu'ils ne devraient toutefois pas excéder de plus de Fr. 700 les retraits opérés dans la même année ; la Direction se réservait d'ailleurs de priver de ce bénéfice les déposants qui assimileraient leurs livrets à des comptes-courants.
Pour être agréable aux déposants, qui trouvaient la même facilité auprès d'autres établissements, la Direction éleva, le 16 août 1908, le maximum â Fr. 2000.
L'autorisation de pouvoir déposer des sommes supérieures est d'ailleurs toujours accordée quand il s'agit de mineurs ou d'orphelins qui ont une petite fortune provenant de legs ou de donation et qu'il leur est difficile de savoir où placer ailleurs.
Maximum du capital accepté en ^^>d/. Jusqu'au 31 décembre 1880, aucun déposant ne pouvait être créancier d'une somme supérieure à 3000 livres tournois, soit Fr. 4150.
(i) La livre (= lo baiz) valait Fr. 1,39,
D'après son premier règlement, la Caisse d'Épargne ne pouvait même conserver aucun dépôt parvenu à ce chiffre, « parce que cette somme est assez considérable pour que des débiteurs solvables s'en chargent ». Mais cette disposition ne fut pas appliquée rigoureusement et tomba peu à peu en désuétude, si bien qu'en 1860 les dépôts excédant le chiffre réglementaire représentaient plus d'un demimillion et que nombre d'entre eux dépassaient Fr. 7000. Il était temps d'en revenir à une pratique plus conforme au but de l'institution et à ses statuts. Les déposants furent invités à retirer l'excédent de leurs comptes. Cette réduction, qui visait essentiellement les créanciers capables de gérer eux-mêmes leurs affaires, ne fut jamais pratiquée qu'avec de grands ménagements à l'égard des pupilles, des personnes particulièrement exposées à mal administrer, comme les domestiques ou les veuves, et à l'égard des fonds de secours et de charité.
Il y a lieu de mentionner à ce propos les quatre comptes suivants dont la capitalisation au-dessus du maximum réglementaire a
été accordée à l'État : Maximum Solde au
31 déc. 1911 Fr.
Maximum
atteint
Fr.
Caisse de la masse des gendarmes . . 17.127 19 Caisse de secours de l'Orphelinat Borel
à Dombresson 23.221 17
Caisse de secours pour les Pompiers
blessés 39.577 83
Fonds de réserve des Épizooties . . . 62.037 ^4
Dès 1 881, le maximun des dépôts fut abaissé à Fr. 4000, et, pour amener les déposants à retirer l'excédent, on décida de ne plus
bonifier d'intérêts sur les sommes dépassant le chiffre réglementaire.
En dépit de ces mesures, le chiffre des dépôts ne cesse de
s'accroître. Dés 1885 leur montant augmente de prés de deux
millions par an. Le Directeur, « effrayé des dimensions colossales » que continue de prendre l'établissement, avise en 1889 aux moyens de modérer ce flot montant de capitaux dont le placement, vu en particulier l'abaissement du loyer de l'argent, devient toujours plus difficile. Que faisaiton ailleurs ? En Angleterre, en France et en Belgique, les caisses d'épargne ne recevaient pas plus de Fr. 350 par an. M. Scherer, le défunt contrôleur fédéral des banques d'émission, appelé à étudier la position des divers établissements de crédit en Suisse, était arrivé à la conviction que les caisses d'épargne de notre pays reçoivent d'un seul déposant de trop grosses sommes. La Caisse d'Épargne des Bourgeois de Berne, donnant l'exemple, venait de réduire à Fr. 2000 le maximum des dépôts. Une réduction à Fr. 3000 présentait pour la Caisse d'Épargne de grands avantages: cette diminution de sa dette lui permettrait d'abord de continuer plus longtemps à encourager l'épargne en lui bonifiant