L. 419.000 dans le pays
» 538.000 dans les cantons de Vaud, Fribourg et Saint-Gall.
» 1.959.000 en France.
» 205.000 en Autriche.
» 1. 461. 000 dans les fonds publics.
L. 4.582.000 (( A l'ouïe de ces chiffres, relate le procès- verbal, M. de Chambrier fait la recommandation, qui est appuyée, de placer autant que possible dans le pays et d'accepter les placements proposés offrant des garanties suffisantes : à quoi M. le Président et M. le Directeur répondent que le Comité n'a jamais négligé de placer dans le pays quand l'occasion s'en est présentée, et sans même repousser les
petites sommes, puisqu'il a même fait des placements de 200 livres, et qu'il tiendra au surplus compte de la recommandation. »
La Caisse d'Épargne tend dés lors visiblement à concentrer ses placements dans le canton, à restreindre le nombre des prêts faits au dehors et à favoriser surtout les petits emprunteurs, puisque les prêts dans le pays se sont augmentés en 1853 de Fr. 900.000 environ et que même il est prêté jusqu'à des sommes de Fr. 1 50. A une demande venue de Fribourg on répond, le 30 octobre 1854 : « La Caisse d'Épargne a fait déjà quelques placements dans votre canton, et place à l'étranger lorsqu'elle a de l'argent disponible et qu'elle n'a pas de demandes provenant du pays; mais tant qu'elle trouve à placer dans le canton, elle ne peut pas s'intéresser à des placements à l'étranger, ni prendre aucun engagement pour l'avenir. »
L'année suivante, le nombre des débiteurs neuchâtelois augmente encore : la Caisse s'efforce de diminuer la crise financière que subit le pays en y plaçant le plus possible. Ordre est donné aux notaires français (2 et 4 juin 1855) de dénoncer le remboursement de toute une série de créances : « C'est avec regret que la Direction a pris cette mesure générale ; mais la crise financière augmentant tous les jours dans notre pays, elle est obligée de se procurer des fonds. »
Il faut noter aussi, vers la même époque, la répercussion exercée sur les placements de la Caisse d'Épargne par la loi vaudoise imposant les créances hypothécaires. Elle s'abstint dés ce moment de nouveaux prêts sur immeubles dans le Pays de Vaud, et chercha même à retirer tout ce qu'elle y avait placé, parce que, dit le procèsverbal du 12 octobre 1855, les lois vaudoises favorisent essentiellement les débiteurs.
Au reste, la liquidation des créances vaudoises amena la découverte de graves abus de confiance commis par un certain Monod, régisseur à Malessert, auquel M. Coulon avait confié un rentier
assez important. Les soustractions s'élevaient à plus de Fr. 100.000.
Dans le même temps, les administrateurs sont fort tourmentés par la situation déplorable d'une compagnie d'assurances de Paris, le Palladium, où la Caisse d'Épargne avait cru pouvoir s'intéresser pour une somme assez considérable. Il fallut plaider à Paris, et M. Maret, procureur de l'établissement, dut s'y rendre à plusieurs reprises; le Directeur lui-même y alla pour « s'enquérir s'il est possible de se faire rendre justice ».
Son rapport, présenté le i^'' juin 1855, est sévère pour les directeurs du Palladium : M. de Montmollin a acquis « la conviction qu'il s'était passé dans cette compagnie infamies sur infamies et que nous étions lancés dans une véritable forêt de Bondy », tandis que, à la même époque, il constate, après avoir fait la revue des rentiers, que, « malgré l'augmentation considérable des placements dans le pays, quatre débiteurs seulement sont poursuivis pour n'avoir pas payé leurs intérêts à l'échéance ».
PAUL CORKU
Receveur actuel