partie financière et administrative
de placer nous-mêmes directement sur hypothèques 34%. Mais si vous êtes d'un avis contraire, je crois que ... nous devrons renoncer à avoir un type unique d'intérêt pour les hypothèques et ... on devra à l'avenir fixer le taux d'intérêt d'après le plus ou moins d'excellence de la garantie offerte. »
Les avis étaient partagés. Les uns voulaient abaisser uniformément le taux pour tous les débiteurs, tandis que d'autres estimaient que, puisqu'il y a plus de risques en prêtant à la campagne, par exemple, il n'est que juste que ces prêts soient accordés à un taux supérieur, lequel ne pourrait convenir à de bonnes hypothèques prises sur des immeubles situés dans des centres industriels. Le taux de 4 V2 7o n'est pas exagéré dans bien des cas ; mais si l'on ne veut pas voir, d'autre part, tous les bons prêts échapper, il faut leur accorder les facilités que leur donnent les autres établissements similaires.
La Direction décida enfin, le 13 mars 1890, par 7 voix contre 5, de laisser au Comité le soin de fixer dans chaque cas le taux comme il l'entendrait, sans toutefois qu'il pût descendre au-dessous de 4 %.
Les prêts hypothécaires continuaient néanmoins à diminuer de telle sorte que, le 27 avril 1893, la Direction demandait au Comité d'étudier de nouveau la question. D'après le rapport présenté le 5 octobre, les prêts se trouvaient réduits au sixième environ du montant de l'actif, soit Fr. 6.236.856,71 sur Fr. 35.637.181,66. Létaux officiel de la Caisse, maintenu à 4 7^ %, effrayait les emprunteurs, qui préféraient s'adresser à d'autres établissements neuchâtelois ou aux caisses hypothécaires d'autres cantons, prêtant couramment au 4 V4 ou au 4 % . Il était temps d'abaisser suffisamment le taux pour ramener le courant des bons prêts. Il fut réduit uniformément à 4%.
Au cours de la discussion, il avait été proposé que la Caisse d'Épargne ne prêtât plus que des sommes supérieures à Fr. 5000 ou 10.000, vu que les petits prêts demandent la plupart du temps plus de soins et de surveillance que les grands. On faisait observer que, maintenant que le pays était doté d'une Banque cantonale avec service hypothécaire et d'un Crédit foncier, prêtant tous deux à des conditions favorables, la Caisse d'Épargne n'était plus dans la même situation où elle se trouvait vers 1848, lorsque seule, ou à peu prés, elle venait en aide à l'agriculture en prêtant même les plus petites sommes. On invoquait aussi l'exemple de la Caisse d'Épargne de Genève, dont le portefeuille hypothécaire, s'élevant au 3 1 décembre 1892 à Fr. 8.827.309,15, n'était représenté que par loi créances, d'une moyenne de Fr. 88.000 chaque. Mais cette idée ne rencontra pas d'adhésion, attendu que la Caisse est appelée à venir en aide aux classes peu aisées, parmi lesquelles se trouve la plus grande partie de ses déposants, et qu'elle serait sortie de ses traditions en éloignant les petits emprunteurs.
L'abaissement du taux à 4 % ne tarda pas à provoquer une augmentation des prêts hypothécaires qui, d'abord relativement faible, prit dés 1897 ^^s proportions plus fortes par suite de la hausse générale du loyer de l'argent. En 1899, la Caisse d'Épargne se trouvait être le seul établissement du Canton qui prêtât encore à 4% sans commission. Aussi les demandes affluaient-elles de telle sorte que la Direction adopta, le 25 mai, le 4 '/^ % pour les nouveaux prêts, en laissant au Comité la latitude d'élever ce taux au 4 'A, ce qu'il fit le 4 octobre suivant. Le taux fut derechef réduit à 4 V4 ""/o le 5 février 1902 et finalement rétabH, le 5 juin 1907, à
Fr. 10.231.233 43 » 3.656.017 80
4 V2 Vo> QU' ^st 1^ ^au^ actuel, non seulement pour les nouveaux, mais même pour les anciens débiteurs. Le taux de tous les prêts existant à 4 et 4 '/^ % a été en effet uniformément porté â 4 'A % le 6 mars 191 2. C'est la première fois que pareille mesure est prise, les débiteurs n'ayant jusque là jamais subi d'augmentation de taux, même lorsqu'ils avaient bénéficié d'une réduction. Au 3 1 décembre 1 9 11 , il y avait en hypothèques : Fr. 5.592.568 30 à 4%
à 4 Va % (ducroire déduit)
Total . . Fr. 15.887.251 23
Cette catégorie de créances qui représentait en 1850 prés des trois quarts de l'actif (71,4 %) et en 1875 environ un tiers (32,36 7o), n'en comprenait plus à la fin de 1911 que les 23,1 7o. soit moins du quart.
La proportion ne s'est pas moins modifiée au point de vue de la répartition géographique des placements.
Il y avait :
en 1850 1875 1911
dans le canton . . 12 V2 70 Va 46 V2 % de l'actif en Suisse .... 13 11 9 V2 % »
à l'étranger . . . 747, 18 V2 44% »
On voit que la Caisse d'Épargne s'efforce actuellement de conserver à ce point de vue un juste miheu, également éloigné des deux tendances opposées et extrêmes qui ont tour à tour prédominé au cours du XIX^ siècle.
3o8 LA CAISSE d'Épargne de neuchatel