‹ La Caisse d'épargne de Neuchâtel, 1812-1912 [microform]Chapitre 55 sur 105 · partie FINANCIERE ET ADMINISTRATIVE · texte numérisé non relu

partie FINANCIERE ET ADMINISTRATIVE

donner à ce genre de placement, ni sur la question, qui est connexe, du taux d'intérêt des créances.

C'est ainsi que de 1880 à 1890 le Comité examina dans presque toutes ses séances la question de l'abaissement du taux.

De 185 1 jusqu'en 1872, les prêts avaient été stipulés au 4 %; depuis 1873, le taux était à 472%. Quelques-uns voulaient le réduire de 74 à l'instar de la Banque cantonale. D'autres objectaient que cette mesure nuirait à cet établissement « que tous ont intérêt à voir prospérer», ainsi qu'au Crédit foncier, « institution fondée avec le concours de la Caisse d'Épargne, afin de faciliter les placements » ; ils faisaient observer qu'au surplus le Règlement ne prescrivait rien quant au mode de placement des capitaux disponibles et que la Caisse d'Épargne était libre de ne pas faire de prêts hypothécaires. D'ailleurs, certains indices faisaient prévoir un relèvement du loyer de l'argent. Aussi la Direction se décida-t-elle, le 4 octobre 1888, pour le statu quo, qui fut voté derechef le 7 mars 1889.

Cependant les prêts hypothécaires dans le pays continuaient à diminuer grand train :

Ils avaient atteint en 1885 leurchiflfre maximum par Fr. 10.630.000 En 1886 ils étaient tombés à Fr. 10.492.000 En 1887 » » » 9.536.000

En 1888 » » » 8.944.000

Ils étaient au 3 1 août 1 889 à » 8.380.000

Différence : . . . Fr. 2.250.000 à laquelle il fallait ajouter les remboursements dénoncés jusqu'en Décembre 1889 » 182.000

Fr. 2.432.000

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Le Directeur était d'avis qu'il n'y avait pas lieu de s'alarmer de cette diminution. Il proposait d'abaisser le maximum des livrets à Fr. 3000. Cette mesure nécessiterait un remboursement de 3 millions environ de dépôts. Le chiffre des prêts hypothécaires, même réduit à 8 millions, conserverait ainsi à l'égard du chiffre des dépôts une proportion bien suffisante.

« La majorité de la Direction, s'inspirant du passé, disait-il le 6 novembre 1889, paraît ne voir le salut de la Caisse d'Épargne pour l'avenir que dans les hypothèques. J'en suis arrivé à une opinion contraire et je maintiens que la Caisse d'Épargne ne peut soutenir la concurrence des sociétés de crédit foncier, sans risquer sa solvabilité en temps difficiles.

« En effet, tous nos capitaux, à l'exception des bénéfices acquis et des réserves, sont remboursables à vue, tandis que les sociétés foncières ont: 1° un capital actions, 2° et une dette représentée par des obligations émises pour une durée déterminée et remboursables par fractions à époques fixes et calculées d'après le taux et l'importance des prêts consentis. Ces sociétés-là peuvent sans danger employer la presque totahté de leurs disponibilités sur des prêts hypothécaires.

ce II en est tout autrement de nous, et si la Suisse devait subir une crise aiguë, ce sera par la réahsation des valeurs mobilières seulement que nous pourrons y faire face.

« Je préfère donc à l'hypothèque directe de bonnes obligations foncières et prendre, par exemple, à 3 V. % des obligations de la Banque Cantonale jouissant de la garantie des hypothèques consenties et de la garantie des contribuables neuchâtelois, plutôt que

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