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La Calandra

eprésentée en 1508 à la cour du duc d'Urbin, la Caîandra est la première comédie régulière qu'ait eue l'Italie, et conséquent l'Europe moderne, car

l'Italie primait alors, dans les lettres comme dans les arts, toutes les autres nations. Le retentissement de cette tentative, qui inaugurait un art nouveau, fut considérable.

Léon X, en 15 14, voulut voira Rome cette pièce dont tout le monde parlait, qui, de plus, était d'un de ses familiers, de son conclaviste, de celui qui l'amusait le plus spirituellement, et qu'il venait à cause de cela

de faire cardinal (i); il en ordonna la représentation durant les fêtes qu'il offrait à la marquise de Mantoue, Isabelle d'Este- Gonzague. Celle-ci en fut si charmée, qu'elle voulut revoir la Calandra chez elle, à Mantoue, en 1520; et, longtemps encore après cette époque, en 1548, lorsqu'on célébra magnifiquement à Lyon l'entrée de Catherine de Médicis, qui venait d'épouser Henri II, ce fut encore la comédie du cardinal de Bibiena (2), jouée par des acteurs Italiens engagés tout exprés, qui fit les frais du spectacle.

En 1508, lorsque la Calandra parut pour

(1) Paul Jove, Vita Leonis, I, IV : « Erat Bibienna mirus artifex hominibus œtate vel pro-

fessione gravibus ad insaniam impellendis, quo génère hominum Pontifex adeo jlagranter oblectebatur. »

(2) Nous avons adopté de préférence l'ancienne orthographe, Bibiena, qui doit être la bonne; les modernes écrivent généralement Bibbiena. Ils écrivent aussi coinmedia, au lieu de comedia, toujours employé au XVIe siècle, ce dont ils seraient sans doute bien embarrassés de donner une bonne raison étymologique.

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