‹ La CalandraChapitre 109 sur 135 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

SAMIA, LIDIO (femme), LIDIO

SAMIA

Il est bien vrai que la femme opère sur l'argent comme un rayon de soleil sur la glace : peu à peu elle le fond et consume. Fulvia n'eut pas plus tôt lu le billet du nécromant, qu'el'e me donna cette bourse pleine de ducats pour la porter à Lidio, et voyez-le qui arrive tout à point. Vois si ta maîtresse, ô Lidio, fait bien son devoir ; n'entends-tu pas, Lidio ? qu'attendstu donc ? prends, ô Lidio.

lidio (Jemmé) Me voici.

LIDIO

Donne donc.

SAMIA

Oh! pauvre que j'étais! j'avais pris un crabe! Pardonnez -moi, messer ; c'est à l'autre que j'avais affaire et non à vous ; adieu. — Toi, écoute.

lidio (femme)

C'est maintenant que tu prends un crabe ; adresse-toi à moi, et congédie cet autre.

SAMIA

Tu es dans le vrai, je n'ai pas ma tête. — Toi porte-toi bien, — et toi, viens ici.

LIDIO

Comment, que je me porte bien ? adresse-tci donc à moi.

S\MIA

Oh ! oh ! oh ! oui, c'est bien à toi. — C'est lui qu'il me faut, et non pas toi; tu entends? adieu.

Adieu ! c'esl^à moi que tu parles ? Ne suis- je pas Lidio ?

SAMIA

Ma foi oui, tu es bien Lidio ; — tu ne l'es

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