‹ La CalandraChapitre 110 sur 135 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

pas, toi ; — c'est toi que je cherche ; — toi, passe ton chemin.

LIDIO

Tu es hors de sens ; regarde-moi bien ; ne suis-je pas moi ?

SAMIA

Oh ! oh ! oh ! si, je te reconnais. Tu es bien Lidio, c'est toi que je veux; — toi, non; va-t-en; — toi, prends ceci.

lidio {femme) Que ce soit lui qui prenne, nigaude ? c'est moi, Lidio, et non pas lui.

SAMIA

C'est vrai, je me trompais, tu as raison ; — ■et toi, tu as tort ; va-t-en en paix ; — toi, prends.

LIDIO

Que fais-tu, bête ? tu veux lui donner la bourse, et tu sais bien qu'elle est à moi.

lidio {femme) À toi ? veux-tu me la laisser ?

Non pas, elle est à moi.

lidio (femme) A toi ? c'est moi Lidio, et non pas toi.

lidio (à Samia) Donne-la moi.

lidio (femme) Non, à moi.

SAMIA

Oh ! oh ! J'entends qu'aucun de vous ne la prenne de force, sinon je crie. Mais restez un peu tranquilles, que je voie qui de vous deux est Lidio. O Dieu! quel miracle étonnant! Rien au monde n'est si semblable à soi-même, de la neige à de la neige, un œuf à un œuf, que ces deux-là entre eux, si bien que je ne puis distinguer qui de vous est Lidio. Toi, tu me semblés bien être Lidio, mais toi aussi ; toi, tu es Lidio, pour sur, et toi également. Mais je saurai bien reconnaître le vrai. Dites-moi : l'un de vous est- il amoureux?

lidio

Oui.

Oui.

Qui?

Moi.

lidio (femme)

SAMIA

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