ACTE V. SCENE II
lidio (femme) Effronté! arrière! — Oh! Fannio ! Fannio ! tu arrives à temps; accours.
FANNIO
Qu'y a-t-il?
LIDIO (femme) Ce méchant homme prétend que je suis une femme, et veut s'en assurer, malgré moi.
FANNIO
Quelle audace te porte à une chose pareille?
FESSENIO
Et toi quelle folie te pousse à te mettre entre mon patron et moi?
FANNIO
C'est ton patron?
FESSENIO
Mais oui; pourquoi non?
FANNIO
Bonhomme, tu [te trompes; je sais que tu n'es pas plus son valet qu'il n'est ton maître. Moi, oui, c'est mon maître, et je serai toujours à lui.
FESSENIO
Jamais tu n'as été son valet, pas plus que lui
ton maître. — C'est moi qui suis ton valet, n'estce pas? et toi mon maître. Je dis seul la vérité, vous mentez tous deux.
lidio (femme) Ce n'est pas merveille que tu parles si arrogamment, toi qui agis si effrontément.
FESSENIO
Ce n'est pas merveille que tu me démentes si impudemment, toi qui ne te connais plus toimême, si follement.
FANNIO
Parle plus décemment.
lidio (femme) Je ne me connais plus moi-même?
FESSENIO
Messer, Madonna, veux-je dire, si tu te reconnaissais, tu me reconnaîtrais aussi.
lidio (femme) Je me connais fort bien; mais toi, qui tu es, je l'ignore.
FESSENIO
Dis donc plus correctement que tu as trouvé en toi une autre personne, ou que tu t'es perdu.