ACTE V, SCÈNE IV i
SAMIA
Je ferai ce que tu dis, mais prends garde que les choses ne se gâtent tout à fait.
FESSENIO
N'aie pas peur, va.
lidio (femme)
Hélas! mon Fessenio, veuille le Ciel que je n'aie pas au même instant retrouvé et perdu mon frère, qu'au même instant ne me soit rendue la vie et donnée la mort !
FESSENIO
Ce n'est pas de lamentations qu'il s'agit à présent ; l'affaire exige un expédient aussi prompt qu'efficace. Nul ne nous voit ; prends les habits de Fannio et donne-lui les tiens; allons, vite! C'est bien; prends ceci, mets-le par dessus, tu es très bien comme cela. Ne crains rien et viens avec moi; toi, Fannio, attends, et toi, Santilla, je te dirai ce que tu as à faire.
fannio (seul)
A quels hasards la Fortune a-t-elle exposé les jours du frère et de la sœur! Aujourd'hui leur viendra la plus grande douleur ou la plus grande joie, selon que la chose tournera. Le Ciel les a
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bien faits tous deux semblables, non seulement de visage, mais de destinée ; ils sont maintenant dans telle passe, que force est à. l'un de partager le bonheur ou le malheur de l'autre. Jusqu'à ce que je voie la fin, je ne puis ni me réjouir ni m'attrister, mon cœur n'éprouve ni de crainte assurée ni d'espoir certain. Plaise au ciel que la chose ait pour résultat de faire sortir Lidio et Santilla de tant de peines et d'un si grand péril ! Pour moi, en attendant ce qui doit advenir, je me retire à l'écart.