‹ La CalandraChapitre 25 sur 135 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

CALANDRO

Oui.

FESSENIO

Je ne le sais pas bien, mais je crois qu'elle a la robe qu'elle porte, la chemise qu'elle a dessous, et par dessus le marché son tablier, ses gants, ses pantoufles.

CALANDRO

Quelles pantoufles ? quels gants, ivrogne ? Je ne te demande pas ce qui est à elle, mais comment elle va.

FESSENIO

Ah ! ah ! tu veux savoir comment elle va ?

CALANDRO

Oui, messer.

FESSENIO

Quand je l'ai vue, tout à l'heure, elle allait, attends, elle allait s'asseoir, la main à la figure, et comme je me mis à lui parler de toi, m'écoutant attentivement, elle tenait les yeux et la bouche tout grands ouverts, avec un petit bout de sa langue en dehors, comme cela.

CALANDRO

Tu m'as répondu aussi à propos que je le

voulais ; mais laissons cela. Elle écoute volontiers, hein ?

FESSENIO

Comment, si elle écoute? je l'ai disposée de telle façon qu'avant peu d'heures tu en auras ce que tu veux ; désires-tu autre chose ?

Mon Fessenio, bonne affaire pour toi.

FESSENIO

Je l'espère bien.

CALANDRO

Certes, Fessenio. Assiste-moi, car je suis bien malade.

FESSENIO

Holà, patron ! As-tu la fièvre? montre.

CALANDRO

No-o-on, quelle fièvre, gros buffle ? Je dis que Santilla m'a mal accommodé.

FESSENIO

Elle t'a battu ?

CALANDRO

Tu es un animal ; je dis quelle m'a rendu très fort amoureux.

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