‹ La CalandraChapitre 30 sur 135 · SCÈNE VII FESSENIO, puis CALANDRO · texte numérisé non relu

SCÈNE VII FESSENIO, puis CALANDRO

FESSENIO (seul)

Je vois bien maintenant que les Dieux, comme les mortels, tiennent un peu du bouffon. Voici l'Amour, qui d'ordinaire n'englue que les nobles cœurs ; il s'est logé dans cette pécore de Calandro, et ne veut pas en partir. Ce qui montre que Cupidon n'a pas grand'chose à faire, puisqu'il vient habiter chez un babouin de cette espèce. Il le fait parce que notre homme est parmi les amants comme un baudet au milieu de singes ; aussi ne l'a-t-il pas mis tout d'abord entre bonnes mains, mais fait tomber de prime saut dans la glu.

CALANDRO

Eh ! Fessenio ! Fessenio !

FESSENIO

Qui m'appelle! oh! patron!

CALANDRO

As-tu vu Sautilla?

FESSENIO

Je l'ai vue.

CALANDRO

Que t'en semble ?

FESSENIO

Tu as bon goût. C'est le plus friand morceau qu'il y ait dans la Maremme. Fais ton possible pour l'avoir.

CALANDRO

Je l'aurai, quand je devrais m'en retourner nu et déchaux.

FESSENIO

Apprenez, amoureux, ces belles paroles.

CALANDRO

Si jamais je l'ai tout entière, je la mange.

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