SCÈNE VII FESSENIO, puis CALANDRO
FESSENIO (seul)
Je vois bien maintenant que les Dieux, comme les mortels, tiennent un peu du bouffon. Voici l'Amour, qui d'ordinaire n'englue que les nobles cœurs ; il s'est logé dans cette pécore de Calandro, et ne veut pas en partir. Ce qui montre que Cupidon n'a pas grand'chose à faire, puisqu'il vient habiter chez un babouin de cette espèce. Il le fait parce que notre homme est parmi les amants comme un baudet au milieu de singes ; aussi ne l'a-t-il pas mis tout d'abord entre bonnes mains, mais fait tomber de prime saut dans la glu.
CALANDRO
Eh ! Fessenio ! Fessenio !
FESSENIO
Qui m'appelle! oh! patron!
CALANDRO
As-tu vu Sautilla?
FESSENIO
Je l'ai vue.
CALANDRO
Que t'en semble ?
FESSENIO
Tu as bon goût. C'est le plus friand morceau qu'il y ait dans la Maremme. Fais ton possible pour l'avoir.
CALANDRO
Je l'aurai, quand je devrais m'en retourner nu et déchaux.
FESSENIO
Apprenez, amoureux, ces belles paroles.
CALANDRO
Si jamais je l'ai tout entière, je la mange.