ACTE I, SCENE VII
FESSENIO
Le beau secret ! Les Espagnoles baisent les mains, non pour l'amour qu'elles vous portent, ni pour vous boire les mains, non, mais pour sucer les bagues qu'on porte aux doigts.
Oh ! Fessenio, Fessenio, tu sais plus de secrets de femmes...
fessenio (à part) Surtout de la tienne.
CALANDRO
Qu'un architecte.
FESSENIO
Bon, un architecte ; ah !
CALANDRO
Deux bagues elle m'a bues, cette Espagnole ! A cette heure je fais bien vœu d'avoir l'œil pour qu'on ne me boive pas.
fessenio Et toi, malin, Calandro; prends-y garde, parce que si une femme te buvait le nez, une joue, un œil, tu resterais le plus vilain homme du monde.
CALANDRO
J'y ferai bien attention ; mais tâche que j'aie ma Santilla.
FESSENIO
Laisse-moi faire. Je veux aller terminer tout d'un trait la chose.
CALANDRO
Oui, mais fais vite.
FESSEXIO
Je n'ai rien de plus pressé que d'y aller, et dans peu de temps je reviens à toi, avec la conclusion.