ACTE II, SCENE I
nous étions les esclaves, ne nous auraient vendus, ni peut-être Perillo ne nous eût achetés, s'il avait su que j'étais une femme. Il nous aurait donc fallu rester dans cette misérable servitude. A cette heure, je vous affirme que si j'étais un homme, aussi bien que je suis une femme, nous vivrions continuellement en tranquillité, par la raison que Perillo me prenant comme vous le savez, pour un garçon, et m'ayant toujours trouvé d'une grande fidélité dans ses affaires, m'aime tant, qu'il veut me donner pour femme Verginia, sa fille unique, et la faire héritière de tous ses biens. Son neveu m'ayant dit que Perillo voulait me la faire épouser demain ou après-demain, je suis sortie delà maison pour en conférer avec vous, ô toi, ma nourrice, et toi, Fannio, mon valet; je suis pleine de tant d'inquiétude, comme je le sens et comme vous pouvez le croire, que je ne sais...
FANNIO
Tais-toi, oh! tais-toi! de peur que cette femme qui vient toute bouleversée vers nous, n'entende ce que nous disons.