ACTE II, SCENE II
S AMI A
Ma patronne te supplie de vouloir bien l'aimer comme elle t'aime et, quand il te plaira, de venir près d'elle.
lidio (femme) Je ne comprends pas. Qui est ta patronne ?
SAMIA
Eh ! Lidio, tu veux m'assassiner.
lidio (femme) C'est toi qui m'assassines.
SAMIA
Loué soit le ciel, puisque tu ne sais qui est Fulvia et que tu ne me reconnais pas. Allons, allons ! que veux-tu que je lui dise ?
LIDIO (femme) Bonne femme, si tu ne me dis pas autre chose, je n'ai rien d'autre à te répondre.
SAMIA
Tu feins de ne pas comprendre, hein
lidio (femme) Je ne te comprends ni ne te connais, et ne me soucie ni de te comprendre ni de te connaître. Va t'en en paix.
SAMIA
Tu fais le discret, certes; sois-en sûr, je le lui dirai bien.
Dis-lui tout ce que tu voudras, pourvu que tu t'en ailles, à ta maie heure et à la sienne.
samia (s' éloignant) Va-t'en, toi-même; tu y viendras, quand tu devrais en crever, vaurien de Grec. Elle m'envoie chez le nécromant ; mais si l'Esprit répond de la même façon, Fulvia va bien triompher.
lidio {femme)
Malheureuse et misérable est, certes, la condition de nous autres femmes ! Ces choses-là m'arrivent pour que de mieux en mieux je connaisse et maudisse le sort qui m'a fait une femme.
FANNIO
J'aurais pourtant voulu entendre toute l'histoire de celle-là ; cela ne pouvait nuire.
lidio (femme)
Un plus grave souci chasse tous les autres ; si elle revient jamais me parler, je me montrerai plus avenante.