ACTE II, SCÈNE VI
CALANDRO
Telia.
FESSENIO
Do.
CALANDRO
Oh! oh! oh! holà! holà! holà!
FESSENIO
Tu gâterais le monde entier. Oh ! maudits soient ton peu de mémoire et ton peu de patience ! Mais, potta du ciel ! ne t'ai-je pas dit tout à l'heure que tu ne devais pas crier ? Tu as fait manquer l'enchantement.
CALANDRO
Et toi tu m'as luxé le bras.
FESSENIO
On ne pourra plus te désarticuler, sais-tu?
CALANDRO
Comment ferons-nous donc ?
FESSENIO
Je finirai par prendre un coffre si grand, que tu y tiendras en entier.
Oh ! à la bonne heure, oui ; va, et trouves-en
un de telle sorte que je n'aie pas à être désarticulé, pour l'amour de Dieu, car ce bras me fait bien mal.
FESSENIO
Je vais m'en occuper à l'instant.
CALANDRO
J'irai au Marché et reviendrai tout de suite.
FESSENIO
Tu parles bien ; adieu. — Il sera bon maintetenant que je voie Lidio et que nous arrangions ensemble cette affaire, qui nous donnera de quoi rire toute cette année. Je m'en vais, sans dire un mot à Samia, que je vois sur le pas de sa porte marmotter entre ses dents.