‹ La CalandraChapitre 70 sur 135 · ACTE III, SCEXE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCEXE V

qui croit la réparer, arrivée à la vieillesse ! Quand rencontrerai-je un amant fait de la sorte? quand aurai-je l'occasion d'aller le voir comme aujourd'hui, qu'il est à la maison et que mon mari est aux champs ? Qui m'empêche ? Qui me retient ? Certes oui, j'irai. J'ai bien vu que Rufo n'était pas absolument sûr de disposer l'Esprit en ma faveur; les autres ne font jamais de si bonne besogne que ceux que l'affaire intéresse ; il ne savent pas choisir l'occasion favorable, ils n'y mettent pas la passion de celui qui aime. Si je vais à lui, il verra mes larmes, il entendra mes gémissements, il écoutera mes prières ; je me jetterai à ses pieds, je feindrai de mourir, je lui entourerai le cou de mes bras; comment pourrait-il être assez cruel pour n'avoir pas pitié de moi ? Les paroles amoureuses, entendues par les oreilles du cœur, ont plus de force qu'on ne peut le croire, et à qui aime tout est possible. C'est ce que j'espère, c'est ce que je veux. Je vais m'habiller en homme ; toi, Samia, reste sur le pas de la porte et ne laisse s'y arrêter personne, de peur qu'on ne me voie quand je sortirai ; je reviens tout de suite.

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