‹ La CalandraChapitre 98 sur 135 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

FULVIA

Je me sens toute réconfortée, car il me semble bien que cela s'est effectué comme tu dis; mais si tu me rends mon Lidio, sans rien de manque, ma fortune, mes biens, tout ce que j'ai est à toi.

RUFO

Maintenant que je sais l'Esprit bien disposé en ta faveur, je t'affirme clairement que ton amant va aussitôt redevenir homme; mais de peur de nouvelle équivoque, dis sans ambages ce que tu veux.

FULVIA

La première chose, c'est qu'on lui rende le couteau de ma gaîne ; as-tu compris ?

RUFO

On ne peut mieux.

FULVIA

Et qu'en habit de femme, mais non en femme, il revienne me voir.

RUFO

Si tu m'avais parlé de la sorte ce matin, la confusion n'aurait pas eu lieu ; j'en suis toutefois content, pour que tu saches quelle est la puissance de mon Esprit.

FULVIA

Soulage-moi vite de cette angoisse, car si je ne le vois, je ne puis me réjouir.

RUFO

Non seulement tu le verras, mais tu le toucheras, de ta propre main.

FULVIA

Il reviendra me voir aujourd'hui?

rufcT Vingt heures sont sonnées ; il ne pourra rester longtemps avec toi.

FULVIA

Peu m'importe le temps, pourvu que je le voie redevenu homme.

RUFO

Et comment ferait pour ne pas boire celui qui ayant soif est près du ruisseau ?

FULVIA

Il viendra donc aujourd'hui?

RUFO

L'Esprit te le fera venir à l'instant, "s'il veut ; reste donc à l'attendre sur ta porte.

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