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ACTE IV, SCENE II

FULVIA

C'est inutile puisque, devant venir en femme, il peut se montrer à tout le monde ; nul ne le prendra pour un homme.

RUFO

Bien.

FULVIA

Mon Rufo, sois tranquille ; plus jamais tu ne seras pauvre.

RUFO

Et toi plus jamais désolée.

Quand puis-je compter sur lui ?

RUFO

Sitôt que je serai de retour à la maison.

FULVIA

Je vais t'envoyer Samia, pour que tu m'avises de ce que te dira l'Esprit.

RUFO

C'est cela, et souviens-toi qu'à l'amant aussi on fait souvent quelque cadeau.

FULVIA

Oh ! oh ! ne t'inquiète pas ; il aura de l'argent et des bijoux à foison.

RUFO

Reste en paix. — Avec grande raison l'Amour se peint aveugle, car qui aime, jamais ne voit clair. Cette femme est si aveuglée par l'amour, qu'elle s'imagine qu'un Esprit peut rendre quelqu'un homme ou femme à son gré, comme s'il n'y avait qu'à couper le rameau masculin et pratiquer à la place une entaille pour faire une femme; puis recoudre la fente et coller une cheville pour faire un homme. Oh ! oh ! oh ! crédulité amoureuse ! Mais voici Lidio et Fannio qui se sont déjà déshabillés.

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