‹ La calcul par le trait ses elements et sers applicationsChapitre 32 sur 63 · PARTIE ÉLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

PARTIE ÉLÉMENTAIRE

Les procédés, les instruments, les principes, les difficultés à surmonter, tout change et se complique en passant de l’un à l’autre de ces tracés.

Tracés de cabinet. — Nous n’avons à nous occuper ici de celui de cabinet que comme point de départ et de comparaison, et pour mieux faire ressortir les changements que les autres tracés exigent. Les instruments qu’on emploie dans celui-ci sont des compas de diverses grandeurs compris entre la forme dite à balustre , et celle du compas à verge d’un mètre de rayon. On y joint une règle de cette même dimension, une règle échelle de vingt à trente centimètres , des équerres à main , un rapporteur et un tire-ligne. Par leur moyen , le dessinateur trace en réalité les lignes et les circonférences ; il exécute donc rigoureusement toutes les figures qui n’exigent que l’emploi de la droite et du cercle, et il n’a recours à l’interpolation que quand il y a lieu de tracer des courbes d’un degré supérieur.

Tracés d’ épures . — Le tracé des épures en grand ne diffère, en quelque sorte, de celui de cabinet que parla portée des instruments : les compas s’étendent depuis celui d’un pied d’ouverture jusqu’au compas à verge ou à cordeau, de vingt-cinq à trente mètres de rayon ; la règle, depuis le mètre et le double-mètre gradués jusqu’à la tabarre en sapin , de cinq à six mètres de long ; mais , au delà de cette dimension , elle est forcément remplacée par le cordeau. Celui-ci est en outre l’instrument général du tracé sur épures ; il remplace la règle , le crayon et le tire-ligne. Une fois qu’il est enduit de blanc et tendu entre deux points donnés , il suffit de le pincer et de le retirer légèrement à soi pour qu’en l’abandonnant ensuite à l’action de son élasticité il fouette sur Ja surface de l’aire, et y dépose la poussière blanche dont il se trouve recouvert , ce qui figure d’une manière distincte la ligne fictive qu’il déterminait auparavant.

LE GALCVL PAB LE TRAIT.

Il faut , autant que possible , pincer le cordeau dans le sens du plan normal à la surface sur laquelle on l'emploie; et il faut aussi que ce plan normal coïncide, autant que possible , avec la verticale. Sans cela , la trace obtenue , outre les imperfections superficielles dont elle reproduirait les accidents , affecterait encore une courbure qui serait produite par la pesanteur. En observant les précautions cidessus , le cordeau détermine sur toute espèce de surface l’intersection du plan normal qui passe par ses deux extrémités.

Pour tracer définitivement, au lieu de blanc, on enduit le cordeau d’une couleur voyante quelconque dont on l’imbibe au moyen d’une éponge. On se sert bien encore, dans de certaines limites, de la règle et du gros crayon ; mais le cordeau est généralement préféré par les ouvriers qui pratiquent le trait ; il comporte une célérité , et surtout une exactitude que l’on ne saurait atteindre en employant les grandes règles.

Sur l’épure , le tracé s’exécute aussi complètement que sur le papier : il admet , en conséquence , les mêmes genres de solution. Nous remarquerons toutefois que la description d’un cercle qui excède dix mètres de rayon est une opération matérielle délicate , et qui commence à exiger d’assez grandes précautions , surtout si la verge du compas est tout à la fois extensible et flexible.

Tracés sur matière brute. — L’application matérielle du trait participe à la fois du tracé de cabinet et du tracé des épures en grand , selon la nature et la dimension des surfaces à modifier. Les instruments qu’on y emploie sont tour à tour empruntés à ces deux systèmes ; mais il en est qui lui sont tout à fait particuliers.

Quand la matière est tendre et de peu de valeur , on commence à établir, dans l’endroit le plus favorable à son débit , une surface à peu près plane ; l’instrument de division adopté pour cela est ordinairement la soie. C’est

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