PARTIE ELEMENTAIRE. 5l
sur ce plan brut, ou préalablement rectifié, que s’exécutent les premières opérations qui tendent à préciser la forme du reste de la pièce.
La rectification d’un plan s’opère en y dressant d’abord deux lignes directrices , qui se coupent sous un angle assez ouvert , et rectifiant , de proche en proche , toutes les transversales qui s’appuient sur les directrices. Chaque droite en particulier se vérifie par la juxta- position de l’arête d’une bonne règle , et l’on procède à cette rectification partielle, en enlevant sur chaque direction toute la matière qui s’oppose au rapprochement complet de la règle et du corps. . . . . .1
Mais, quand on a, par exemple, un tronc d’arbre à débiter en planches , chaque plan de division est à la fois le point de départ d’une division nouvelle et le complément de l’opération précédente. Leur exécution nepeut être laissée à l’arbitraire ; car il y aurait double perte de matière à les rectifier. Il faut donc en déterminer les traces assez exactement pour que la scie ne puisse faire fausse route en les parcourant. uj.:i .
. On y parvient en établissant la pièce à diviser dans une situation horizontale , et bornoyant deux fils à plomb convenablement placés en face de chacune de ses têtes. Pat* cette opération , on détermine , haut et bas, à chaque extrémité de la pièce, deux points situés en regard des deux aplombs, et que I on pique au compas dans la direction du rayon visuel qui permet de superposer les deux fils. On joint enfin ces points deux à deux dans le sens de la longueur du bois par un tracé au cordeau , et l’on est certain d’avoir ainsi figuré sur l’arbre les deux intersections longitudinales du plan vertical déterminé par les deux aplombs. Il s 11 fût , par conséquent, d'assujettir la scie à parcourir ces deux lignes pour opérer exactement la division de l’arbre, selon le plan qu’on aura choisi.
Ici figure un nouvel instrument employé à déterminer
des parallèles : c’est le fil à plomb; on y voit, pour la première fois , l’œil, ou pour mieux dire le rayon lumineux , concourir directement au tracé , et fournir une série d’ordonnées polaires qui déterminent un plan en projetant une droite sur une outre. C’est là ce qu’on appelle bornoyer.
L’œil pourrait être remplacé par un point lumineux situé de manière à projeter l’ombre d’un fil sur le fil opposé ; cette ombre, dans sa partie interceptée par l’arbre, se confondrait avec l’intersection du plan déterminé par les fils, et permettrait également de la tracer à demeure.
Ce qui distingue particulièrement l’application matérielle du trait, c’est quelle constitue un tracé à trois dimensions ; pour pouvoir être ramenée à des tracés d’épure et de cabinet , elle exige donc que l’on possède des procédés particuliers qui permettent d’exécuter sur la pièce tous les plans successifs au moyen desquels doit s’opérer cette transformation. Nous venons déjà d’indiquer comment on détermine et rectifie un de ces plans arbitrairement choisi.
Pour passer de ce premier plan à un second , qui constituerait la forme polyédrique réelle ou approchée d'n corps qu’on se propose d’obtenir, on place une première règle sur leur intersection commune préalablement tracée dans le plan primitif; on en établit une seconde qui passe par un point extérieur du nouveau plan, demanière à ce que les deux règles embrassent et dépassent le corps entier ; et , quand on s’est assuré par la projection visuelle que la seconde est située tout entière dans le nouveau plan, l’on trace approximativement l’intersection de ce plan avec le reste du corps , en bornoyant selon les deux règles. On doit vérifier, en outre, par la présentation d'un instrument à branches mobiles , dit fausse équerre , si l’angle formé par les deux plans , tel que les règles le constituent , est bien celui qui doit exister entre