ACTE IV, SCÈNE IV
nulle part; nulle part on ne trouve un traître de mélodrame ^ assez maladroit pour affirmer hautement une imposture réelle et positive , dont un soufflet ou dont les tribunaux feraient justice... Jamais^ dans la société, on ne dit la chose qui n'est pas... mais on la dit autrement qu'elle est... on la dit de manière à la dénaturer^ à l'altérer dans son intention, à la changer dans ses détails... la malignité fait le reste... Et grâce à l'ignorance , à la sottise et aux causeries de salon , la vérité la plus limpide et la plus claire , se trouve imperceptiblement passée à l'état complet de mensonge !..
LUCIEN
Je conçois cela pour des étrangers... mais des parens!.,
RAYMO.'ND,
Ça n'y fait rien.
LVCIE.N,
Ton beau-frère,. , par exemple... Monsieur de Guibert!
RAYMOND
Il appartient à la majorité de la société... c'est un sot !..
LlîClEN.
iMaista sœur... Uerminie?..
RAYMOxND.
Autre majorité... celle des étourdies et des coquettes... Misère et vanité que tout cela !. . Les vrais coupables ne sont pas nos ennemis qui nous attaquent... c'est leur état., ils le font en conscience !. . ceux qui ne font pas le leur, ce sont nos amis qui ne nous défendent pas... qui cèdent, qui nous abandonnent... c'est lVI"*de Savenay, qui voulait partir et que j'ai retenue... c'est toi qui repousse Cécile et qui l'accable!..
LUCiEN.
Moi ! j'ai gardé le silence ?..
RAYMOND
Ah ! voilà nos amis!., ils se taisent!., c'est là leur seul courage !.. ils se taisent au milieu des clameurs... et morbleu ! c'est quand mugit la tempête qu'il faut élever la voix ! Ils entendront la mienne... car le bruit ne m'effraie pas... et quand on attaque mes amis... entends-tu bien... je ne recule pas... je reste près d'eux ! devant eux!,, et si tu veux suivre mon exemple...
1ACIK>.
Peux-lu en douter?..
RAYMOND
Je m'en vais te dire ce que nous devons faire.