ACTE V, SCÈNE
€ECIL£.
Je ne ie cooDaissais pas[; je Tai vu hier pour la première fois; je n y ai jamais pensé...
Ainsi y vous n'avez jamais aimé. . . vous n'aimez personne. . . vous me le jurez devant Dieu !..
CÉCILE, avec embarras.
Ah! Madame...
M"*' DE SAVENAY , vivement.
C'est donc vrai!..
CÉCILE, vivement.
Ah ! le ciel m'est témoin que c'est dans ce moment seulement que je vois clair en mon cœur. . .
M"* DE s AVEN A Y.
A la bonne heure , au moins... voilà parler... pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt?..
CÉCILE
Mais c'est que plus tôt, je ne pouvais me rendre compte des sentimens que j'éprouvais!., il me semblait que c'était de l'amitié, de la reconnaissance... pas autre chose... et cependant, me défiant de moi-même... je cherchais à com-
battre... à éloigner ces idées... j'y avais réussi Je consentais à me marier... je m'efforçais d'aimer celui qu'on me destinait . . Mais quand j'ai vu que celui-là aussi , que tout le monde 9 que vous-même... vous m'abandonniez!., qu'une seule personne osait me défendre y me protéger et exposer son honneur pour sauver le mien !.. alors , que vous diraije ?... pénétrée d'estime 9 d'admiration^ de tendresse... j'ai compris ce que j'éprouvais pour lui!., et loin d'en rougir, il me semblait que cela lui était dû... que j'en étais fière !.. Voilà mon crime... si c'en est un... et c'est à vous seule ^
que je l'aurai confié^ Madame... (a demi-voix et avec expression.)
Je l'aime!..
Lui! Raymond!..
CÉCILE
Le plus noble... le plus généreux des hommes !..
Ce qui ne Tapas empêché de séduire une jeune personne confiée à sa garde et à la mienne...
CÉCILE
Non, Madame... il ignore ce que je viens de vous confier...