ACTE I, SCÈNE VUI. h
HEUMINIE, se levant
Qu'est-ce que c'est?..
DE GUIBERT, baissant le ton.
Je veux savoir pour quelle raison?,.
HERMINIE
La raison c'est que M. Goquenet est un sot; c'est que votre ami est un ennemi ^ qui ^ ce matin encore et sans me connaître^ a répété ici des calomnies sur moi et sur le Ministre.
^ DE GUIBERT
Il aurait répété de même des éloges^ car de sa nature , il est de l'avis de tout le monde^ ne contrarie jamais personne; et si tu savais combien il est bon enfant
HERMIME, sèchement*
C'est assez ^ c'est trop nous occuper de lui... Quelles nouvelles de Paris?., avez-vous vu mon frère? est-il venu avec vous...
))E GUIBERT
Il n'arrivera que ce soir/Jl y avait conseil des Ministres... il parait^ comme tu me l'as dit ^ qu'il est question de rema nier... de modifier le cabinet*.
HERMINIE
Oui. . . un changement aux finances. . . lui avez- vous parlé?. .
DE GVIBERT.
J'ai hasardé quelques mots... qu'il n'a pas eu l'air de comprendre.
HERMIME.
C'est votre faute^ il fallait aborder franchement la question ; il croit avoir fait beaucoup^ en vous faisant obtenir cet emprunt... il vous croit enchanté...
DE GUIBERT
Le fait est que je suis très content...
HERMINIE , avec vivacité.
Ce n'est pas vrai, vous ne l'êtes pas... et avec le haut rang que vous occupez dans la banque il vous faut plus que cela... il le faut... pour moi... sinon pour vous... oui. Monsieur, je ne porte envie à personne, mais je veux que personne ne l'emporte sur moi... je suis malheureuse, vous le savez, quand je vois une plus belle voiture, une parure plus brillante que la mienne... £h bien ! s'il faut vous le dire... j'ai une amie de pension, une amie intime dont le mari est Ministre... je veux que le mien le soit aussi... ou tout au moins sous-secrétaire d'état... pourquoi ne le seriez-vous pas?..