ACTE I, SCÈNE VIII
DE GUIBERT
Mais ma femme...
HERMINIR, vivement.
 tout autre ministère , je ne dis pas... il faut des talens qui se voient!., mais aux finances^ on en a sans que cela paraisse... des ^comptes ^ des calculs... c'est un mérite de chiffires^ et vous serez placé là à merveille, je pose zéro... et retiens... ce que vous voudrez... on ne s'amuse pas à vérifier, et on vous croit un grand homme sur parole...
DE GUIBtRT.
C'est possible... mais tu connais ton frère... il a haussé les épaules sans me répondre , et je n'ai pas osé €ontiQuer%
HERMINIE
£h bieii! mot... j'oserai... je parlerai...
DE GUIBERT
Encore si j'étais député... il me craindrait peut-être...
HERMINIE
Eh bien ! Monsieur, il faut l'être , ça n'est pas si dilQieile.
Il est capable de s'y opposer... car lorsqu'une fois il a dit non...
HERMINIE
Il faudra bien qu'il dise : oui !.. il me doit le prix de ma complaisance... Savez-vous pourquoi j'ai quitté Paris?., pourquoi^ à la prière du Ministre, je suis venue ici à Dieppe ainsi que vous?..
DE GUIBERT
Par agrément, je le suppose... du moins jusqu'ici, je l'ai pris ainsi.
Non , Monsieur ; pour signer au contrat de mariage de M. Lucien de Villefranche, l'ami de mon frère, et notre ennemi , à nous : lui qui ne perd pas une occasion de nuire à notre fortune... lui qui a tenté, mais en vain, de s'opposer à votre dernière entreprise!., il me l'a avoué à moimême.
DE GUIBERT
£t pourquoi, je vous le demande, avons-nous la bonté de faire ce voyage?
HERMINIE
Parce qu'il épouse une jeune personne de Normandie , dont la famille vient cette saison aux bains de Dieppe... un ange que mon frère admire... en un mot, son incomparable pupille... Mademoiselle Cécile de Mornas.