ACTE II . SCÈNE 111. SI
RAYMOI<n).
<lrois-tu être heureuse avec lui?
CÉCILE
Je Tespère.. .
RAYMOND
Cla ne suffit pas!., je veux que ta en sois sûre... car ion père , à qui je dois tout , m'a légué le soin de ton bonheur... et si je me trompais! parle, mon enfant, ouvremoi ton âme... autrefois, quand tu étais élevée près de moi, je ne te l'aurais pas demandé... te voyant tous les jours, je devinais, je prévenais tes moindres désirs... jusqu'à douze à quatorze ans, tu as été ma fille... je t'avais regardée comme telle... mais alors, et quoiqu' ayant le double de ton ^e, les convenances et ma position m'ont forcé de l'éloigner, de te remettre entre les mains d'une parente, qui ne pouvait t' aimer comme moi , mais qui, plus heureuse , ne t'a pas quittée... s'est emparée à mon préjudice de ton amitié, de ta confiance...
cÉciLi:, Jamais...
£1 maintenant que je ne sais plus comme autrefois lire dans tes yeux et dans ton cœur... Je suis obligé de te demander: Que veux-tu, Cécile... que désires-tu?..
CÉCILE, avec émotion.
Rien, Monsieur... le choix que vous avez fait doit assu-
rer mon bonheur... et s'il en était autrement^ ce ne serait pas votre faute... mais la mienne... aussi je n^hésite pas... car vous êtes mon père... et je dois vous obéir.
RAYMONn.
Ce n'est pas ainsi que Je l'entends ; et malgré mon amitié pour Lucien ^ s'il se présente une personne que tu préfères^ si tu es aimée de quelqu'un... parle... je ne te reprocherai rien... que de ne pas me dire la vérité.
CÉCILE
Je vous l'ai dite. Monsieur, je ne suis aimée de personne.
RAYMOND
Bien vrai!..
CÉCILE
Depersonne, je vousle jure... excepté de M. Lucien... et je pense comme vous, que sous tous les rapports, c'est un choix convenable... et honorable.
A la bonne heure... je m'en vais le lui dire... Adieu, mon
enfant, adieu... (n fait quelques pas pour sortir, s'arrête et la regarde. ) Cécile, tuas encore quelque chose à me demander?
CÉCILE
C'est vrai. Monsieur... et je n'osais pas... (Raymond revient