LUCIEN , CÉCILE , M- DE SAVENAY, HERMINIE
M"' DE SAVENÂY.
Y pensez- VOUS , Cécile ? prendre ainsi la parole et vous mettre en scène devant des étrangers... des... bourgeois !..
CÉCILE
J'ai eu tort, ma cousine, puisque vous me désapprouvez... et que M. Lucien me semble de votre avis. . . par son silence. . . du moins.
LUCIEN
Non, Mademoiselle... je conçois votre indignation... et moi-même je la partageais en entendant outrager ainsi un camarade de collège, un ami d'enfance à qui je dois mon bonheur... car c^est à lui que je dois mon mariage. Mais ce mariage auquel il veut assister, doit être célébré sans bruit et sans éclat., d^ abord à cause de la santé de Madame la Marquise... et puis le Ministre qui ne peut s'absenter de Paris que pour vingt*quatre heures, désirait arriver ici sans être connu... et, dans cette petite ville, où la curiosité s'éveille d'un rien... je crains que la scène de tout à l'heure...
HERMINIF.
Oh ! VOUS tfabord vous craignez tout ! le moindre bruit vous eflfraie... le moindre propos vous arrête... sans cesse aux aguets pour interroger la rumeur publique^ vous vous laissez guider par elle ; et avant de faire une démarche, une visite , un pas , avant de saluer quelqu'un , vous regardez autour de vous, et vous vous demandez : qu'est-ce qu'on va dire?
J'en conviens... et devant vous, Cécile, devant vous que j'aime... j'avouerai hautement ce besoin d'estime, cette crainte des jugemens du monde...
CÉCILE
Qui est d'un honnête homme.
HERMINIEk
On d'un poltron... car enfin vous êtes Fami et le calnarade de mon frère , vous pensez comme lui au fond du cœur... oui. Monsieur > par inclination vous êtes ministérieL.. mais la peur de l'opinion vous empêche d'être... de la vôtre ; et à la Chambre... vous votez contre nous de crainte des journaux et des épigrammes... qui vous empêchent de dormir !.. Bien plus... ici même, quoique épris et amoureux autant que peut l'être un député, vous avez