‹ La calomnie: comédie en cinq actes et en proseChapitre 99 sur 129 · ACTE IV, SCÈNE lY. 1S · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE lY. 1S

RAYMOND

Qu'est-ce que c'est que la voit publique ? où coiumedcet-elle? où finit-elle?., et pour la composer^ combien fautil de clameurs et de sots réunis?., des bruits ne sont pasdespreuves... ilm^en faut d'autres... il me faut des faits;..

LUCIEN, avec embarras.

Khbieu... on dit... on prétend...

BAYMOND,

Des faits...

LUCIEN , baissant la voix,

Khbieii... on lui donne de$ amans... on lui en deime plusieurs...

RAYMOxND, froidement.

Quels sont-ils?..

LUCIEN

Toi, d'abord...

RAYMOND, avec un contentement ironique.

A la bonne heure... voilà une calomnie qui ne procède point par détour... et par faux-fuyant... une calomnie franelle et nette... comme je les aime... Examinons-la ?.. Je ne

te dirai pas que Cécile est la fille de mon bienfaiteur^ de mon second père... de celui à qra je dois tout., qu'il me Ta confiée à son lit de mort., que je Tai- élevée comme mon enfant., et qu'on ne déshonore pas son enfant !.. ce serait peut-être une raison pour toi... ce n'en est pas une pour la calomnie qui s'accommode à merveille d'ingratitude et d'inceste... et qui tient d'avance pour vraisemblable tout ce qui est infâme ; mais je te donnerai des argumens plus positifs. . . je te parlerai de calculs. . . d'intérêts. . . des miens» . . et cette fois , peut-être , on pourra me croire. Si j'avais aimé Cécile... si fen avais été aimé... pourquoi ne pas l'épouser ?.. non seulement elle est jeune... elle est belle... mais elle est riche... par mes soins et par mes efforts ^ par les trésors que j'ai disputés autrefois et arrachés pour elle à l'indemnité... Elle est riche !.. et je n'ai rien !.. tu le sais, toi!., tu en as les preuves... (Avec orgueil.) Oui, quoi qu'ils aient pu dire , je suis honnête homme. . . et grâce au ciel , je n'ai rien... et au lieu de m'assurer un avenir légitime et honorable , en épousant celle que j'aime et dont je suis aimé, j'aurais préféré sa honte à ma fortune... j'en aurais fait, comme vous dites, ma maîtresse... au lieu d'en faire ma femme?., pourquoi?., pour déshonorer exprès la fille de mon bienfaiteur?., pour être infâme à plaisir !..

LUCIEN

-Noji , non... cela n'est pas 1

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