‹ La camorra mysteres de NaplesChapitre 16 sur 20 · GIOVANNI CICALA. — LEOPOLDO MUSCO. — GENNARO D’ANDREA · texte numérisé non relu

GIOVANNI CICALA. — LEOPOLDO MUSCO. — GENNARO D’ANDREA

« Tout le monde se souvient encore avec effroi de cette bande de voleurs qui, sur la fin de l’année 1861 , pillait les habitations en s’y introduisant sous prétexte d’appartenir à la force publique. Ainsi fut dévalisée la maison de M f le comte Vargas, à Porlici, ainsi celle de monsignore “*, celle de M. Canosa, autrefois chef de division à l’ancienne préfecture de police. Ces scélérats se travestissaient d’ordinaire en gardes nationaux, et, mettant à leur tête un des leurs vêtu en bourgeois, qui jouait le rôle de délégué de la questure, ils se présentaient de la sorte, ayant bien soin de choisir les maisons des personnages qui, par leurs antécédents politiques, pouvaient leur faire croire qu’ils ouvriraient leur porte sans la moindre résistance à des fonctionnaires de la sûreté publique.

APPENDICE. 251

» C’est à cette bande de voleurs et de camorristes qu’appartenaient les trois individus en question.

» Leopoldo AI usco était appelé lieutenant par ses compagnons; il affectait de déguiser son accent napolitain et dirigeait habituellement les expéditions en se faisant passer pour un délégué de la sûreté publique.

» Deux révélations importantes qui se trouvent dans la procédure judiciaire entamée au sujet du vol commis au préjudice de M. de Francesco, joaillier à Tolède, ont fait connaître de la manière la plus certaine l’organisa* lion de cette bande et le rôle qu’y jouaient les différents acteurs * . . . .

» Leopoldo Musco s’était enfui de Bénévent, dont le séjour était devenu dangereux pour lui; il osa s’insinuer dans les rangs garibaldiens, espérant que la chemise rouge, lui servant d’égide contre les recherches de la police, couvrirait ses délits passés et futurs.

» Gennaro d’Andrea était un galérien qui avait déjà expié une très-longue peine de fers que lui avaient value des accusations accumulées de vols qualifiés et très-graves.

» Giovanni Cicala était en possession d’une inconles-

tée réputation de camorriste. On savait que la soumission aux lois et le respect du droit et de la propriété d'autrui n’avaient pour lui aucune importance. Le 16 avril 1860, il fut dénoncé au pouvoir judiciaire pour vol qualifié, violemment commis au préjudice de Giuseppe Tedesclii. Le 8 juin 1861, il s’arracha impétueusement des mains des agents qui le conduisaient devant le juge, et réussit à trouver une retraite cachée où il se rendit complice d’un homicide et de différentes falsifications de billets de banque. Il retomba enfin entre les mains de l’autorité, et fut mis en prison. La questure, en le remettant au pouvoir judiciaire, a déclaré qu’au cas où une sentence d’élargissement serait prononcée à l’égard de Cicala, ce dangereux malfaiteur devrait lui être renvoyé pour qu’on pût prendre contre lui les mesures nécessaires au maintien de la tranquillité publique et à la protection de la vie et des propriétés des particuliers.

APPENDICE

GIUSEPPE ET GIOSUÈ GALI.CCCI.

Pour ceux-ci, je copie encore le dossier de la questure :

« Les frères Gallucci ont la réputation d’ètre des plus dangereux parmi ces camorristes vagabonds qui allaient surprendre la bonne foi et la tranquillité des propriétaires de campagne, pour accaparer les parties de vin que ces propriétaires avaient à vendre, et qui, après cela, trouvaient mille prétextes, et, les prétextes épuisés, recouraient aux menaces et aux violences pour s’exempter de leur en rendre compte. Ils s’introduisaient comme marchands de vins, et, la complicité de leurs compagnons venant en aide à leur habileté personnelle, leurs détournements de marchandises s’opéraient très-facilement. De plus, les menaces qu’ils adressaient à leurs victimes n’étaient pas de simples paroles ; maintes et

maintes fois ces pauvres gens persistant à réclamer Taris

U GAMOHRA.

gent qui leur était dû, furent maltraités à tel point, qu’ils finirent par se désister de leurs prétentions les plus justes.

> Pour comble d’insolence, lesGallucci ne craignaient pas de peser par intimidation sur les avocats qui patronnaient leurs créanciers, sur les huissiers qui venaient leur intimer des actes judiciaires, et sur les agents mômes de la force publique chargés d’assurer l’exécution des arrêts de la justice. Les archives de la questure sont pleines de réclamations d’honnêles négociants auxquels on avait notifié par des voies de fait qu’ils eussent à ne molester en rien les frères Gallucci s’ils préféraient la vie au recouvrement de leurs créances.

» Prêts à mettre la main au couteau pour se maintenir en renom de braverie chez les timides fermiers des environs de Naples, les Gallucci appartenaient à la classe des camorristes coutcleurs (accoltellatori) et comptaient parmi les plus terribles; aussi leur arrestation a-t-elle rendu la paix aux propriétaires et fermiers, en même temps qu’elle a déconcerté et désorganisé leur bande, formée de malfaiteurs de haute volée. C’était pour eux un article de foi, grâce «à l’audace avec laquelle ils exerçaient la camorra, que les principes d’autorité et de jus-

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lire (levaient s'incliner humblement devant les prétentions de leur convoitise outrecuidante. »

UAETANO Z0B01I. — PASQUALE PATURGO. — DOMENICO DONNAPERNA.

Les plus dangereux de tous peut-être. Habiles à fabriquer de fausses clefs, ouvrant les riches magasins, d’où ils sortaient sans bruit les poches pleines; pendant la journée, très-occupés à un travail honnête, apparent, prouvant des moyens d’existence, offrant au dehors toutes les preuves possibles de moralité et même d’une certaine éducation, bien vêtus, bien entourés, irréprochables, mais effrontés voleurs. Iis étudient les maisons, prennent l’empreinte des serrures, entrent un beau soir dans un appartement et le dévalisent en un clin d’œil. Les voisins n’ont rien vu qu’aller et venir des gens de bonne figure.

Veut-on savoir un des méfaits de ces terribles mal-

faileurs? L’an dernier, au mois de novembre, ils voulaient piller le magasin de bijoux d’un certain de Francesco, dans la rue de Tolède. Que firent-ils? Ils montèrent à l’étage supérieur chez M. Tesorone, négociant très-connu . Au moyen d’une fausse clef, ils pénétrèrent dans l’appartement de ce galant homme, d’où ils descendirent dans la boutique en pratiquant une ouverture dans le plancher au moyen d’une barre de fer. Le malin, sans que nul se fût aperçu de cette impudente effraction, la boutique était dévalisée. On soupçonna le portier de la maison d’avoir fait le coup; mais le pauvre homme subit une longue détention, sans avoir été pour rien dans le crime. Il avait vu des gens bien vêtus monter et descendre le plus cavalièrement du monde. Or, Naples est une ville où les portiers n’arrêtent jamais les gens bien vêtus.

Les coupables étaient Zoboli et sa bande. En opérant une perquisition chez cet impudent camorriste, on trouva, parmi force butin, quelques bijoux et d’autres objets provenant d’un vol commis en mai 1861 au préjudice d’un bourgeois stupide qui mériterait d’être nommé. Ce poltron, craignant Zoboli, qui, de son côté, craignait la justice, avait consenti à traiter avec lui, et

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lui avait vendu le secret au prix de deux cents ducats que le voleur payait au volé de mois en mois par petites portions, et qu’il finit par solder au mois de septembre. Cette transaction entre le malfaiteur et sa victime est un des plus curieux traits de camorra qu’on puisse citer. « Nous ajouterons encore, dit le dossier de la questure, que, dans l’hiver de 1861, Zoboli et ses compagnons dévalisèrent de nuit l’habitation de M. F. Pastore, qu’ils savaient absent de Naples. Zoboli, apprenant que le volé allait le dénoncer à la justice, se présenta à lui spontanément, déclarant qu’il savait quelque chose de son affaire et pourrait lui faire retrouver les objets dérobés, à la condition que rien ne serait ébruité. Il mit alors en scène Gabriel Cottone, l’un de ses complices, et obtint de lui qu’il remettrait à M. Pastore, en compensation des valeurs enlevées, une lettre de change qui ne fut jamais acquittée. » Je pourrais citer beaucoup d’autres exploits de cette bande; mais je n’aime ni les gros volumes, ni les interminables répétitions. Je quitte donc ces voleurs et leur émule, le fameux cocher Francesco Paesano, un fort bel homme, de bonne tournure et d’agréables manières, qui dévalisait également des maisons de bijouterie et qui attaqua une nuit à main

armée une villa de Fausilippe où il lui reçu à coups de fusil. Je reviens à la contrebande, et je transcris le très-curieux article suivant du dossier de la questure.

CARLO BORRELLI. — LUCIANO LAGATTA. — PASQUALE

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