‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 1 sur 326 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

1. — Avant de suivre la mardre de l'armée alliée vers la capitale de la Lombardie et de retracer les événements qui suivirent la glorieuse journée de Magenta, il est important de nous occuper des deux corps d’armée indépendants qui manœuvraient, chacun dans une direction différente.

Ces deux corps concouraient, l'un par sa présence dans l’Italie centrale, l'autre par une course hardie sur le flanc droit des Autrichiens, à l’ensemble général du plan d’opération combiné par l’Empereur. — S’il ne leur était pas donné d’agir de concert avec l’armée principale, ils n’en étaient pas moins efticacement utiles par les inquiétudes permanentes que tous deux causaient à l’ennemi.

Lorsque l’Empereur avait transporté son quartier général à Alexandrie, le prince Napoléon, nous l’avons dit, restait à Gènes pour compléter l’organisation de

CAMPAGNE D’ITALIE

son corps d’armée, composé presque en totalité de troupes venues d’Afrique (1).

II. — Nous avons déjà vu le 3* zouaves se détacher sur Bobbio pour maintenir les communications avec notre base essentielle d’opérations et couvrir la vallée de la Trebbia , par laquelle elles pouvaient être soudainement coupées.

Des considérations à la fois politiques et militaires commandaient d’occuper la Toscane.

Devant l’agitation des esprits, le grand-duc avait quitté ses États. Deux envoyés toscans s’étaient rendus auprès de l’empereur Napoléon III, et lui avaient demandé l’envoi d’un corps de troupes pour sauvegarder leur territoire contre l’envahissement des Autrichiens, qui se montraient par les défilés de la montagne, très-près de l’extrême frontière du duché.

(1) Ordre du jour du prince Xapole'on, au corps de l'armée d'Italie : Soldats du 5* corps de l’armée d'Italie!

« L’Empereur m’appelle à l’honneur de vous commander. Plusieurs d’entre vous sont mes anciens camarades de l’Alma et d’Inkermann. Comme en Crimée, comme en Afrique, vous serez dignes de votre glorieuse réputation. Discipline, courage, ténacité, voilà les vertus militaires que vous montrerez de nouveau à l’Europe, attentive aux grands événements qui se préparent. Le pays qui fut le berceau de la civilisation antique et de la renaissance moderne, va vous devoir sn liberté ; vous allez le délivrer à jamais de ses dominateurs, de ces éternels ennemis de la France dont le nom se confond , dans notre histoire, avec le souvenir de toutes nos luttes et de toutes nos victoires.

k L’accueil que les peuples italiens font à leurs libérateurs témoigne de la justioe de la cause dont l'Empereur a pris la défense.

« Vive l’Empereur ! vive la France ! vive l’indépendance italienne ! » Le prince commandant en chef le corps de l’armée d'Italie, NAPOLÉON (Iehôme).

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