LIVRE U, CHAPITRE IV
LXVI1. — La division du général Parlouneaux masquée par les massifs épais que l’on appelle les bois de Mcdole, vient prendre position à la gauche du général Vinoy.
La division du général Desvaux, continuant la ligne de bataille, s’avance vers la droite du maréchal de Mac-Mahon et sc déploie entre la route de Guiddizzolo et la sortie des bois.
Déjà, sur l’ordre du général Nicl, commandant en chef le 4* corps d’armée, les batteries à cheval de ces deux divisions de cavalerie, qui étaient venues se joindre aux batteries des divisions du 4« corps et à celles de la réserve, ont ouvert leurs feux et prennent d'écharpe l’artillerie ennemie, battue de front par celle du maréchal de Mac-Mahon.
Telles étaient les dispositions, qui gardaient le 2* corps sur la droite ; mais l’ennemi a déjà tenté de tourner sa gauche avec une colonne composée de deux régiments de cavalerie. Cette position était surveillée de très-près par le colonel Savaresse (7* chasseurs), qui avait avec lui six escadrons, deux du 4* chasseurs et quatre du 7*.
Le colonel repousse vigoureusement les cavaliers autrichiens qui trois fois cependant reviennent à la charge, et parvient enfin à jeter le désordre dans leurs rangs. Les escadrons, rompus par nos chasseurs, vont tomber sur les bataillons de gauche de la division Decaen , qui se forment aussitôt en carrés et leur font essuyer des pertes terribles. Parmi les prisonniers
CAMPAGNE D’ITALIE
restés entre nos mains, se trouve un officier supérieur (1).
Le maréchal maintient ainsi sa position et attend avec impatience l’entrée en ligne du 4* corps, dont la tête de colonne, en sortant de Medole, a rencontré une sérieuse résistance.
LXVIIL — Vers onze heures, le général Niel lui fait savoir qu’il est en mesure de se porter en avant, dans la direction de Gavriana (2).
Le maréchal recevait en même temps de l’Empereur l’ordre d’opérer sa conversion et voyait arriver en toute hâte la cavalerie de la garde; car l’Empereur, sans cesse préoccupé du vide que le mouvement du maréchal de Mac-Mahon ferait sur la droite du 2* corps, avait envoyé, ofticier sur officier au général Morris, pour le presser dans sa marche. — C’est ainsi que l’on
(1) Ce n'étaient pas les premiers coups de sabre que la cavalerie avait été appelée à donner dans cette journée.
Déjà dans la matinée, le commandant Pelletier a lancé en fourrageurs ses escadrons (5* hussards) sur les tirailleurs ennemis que l’on aperçoit à droite sur la route de Castiglione à Gi’iddizzolo. 11 a fourni une charge brillante et ramené trente prisonniers, mais ce brave officier a été gravement blessé.
Déjà aussi le capitaine Poissonnier qui rejoignait sa division avec un escadron du 3* chasseurs d’Afrique, laissé à la garde des bagages, s’était heurté à la sortie du bois contre un escadron de hussards hongrois et s’était jeté vigoureusement sur lui : « L’escadron ennemi est repoussé (dit le rapport du général Desvaux), pendant la poursuite un autre escadron de uhlans est signalé par derrière; le capitaine Poissonnier abandonne alors les hussards et se jette sur les uhlans qui sont à leur tour mis en déroute et poursuivis à outrance. »
(2) Rapport du maréchal de Mac-Mahon.