LIVRE II, CHAPITRE IV
vit partir le colonel de Toulongeon , puis le jeune prince Murat, puis encore M. de Bourgoing, un de scs écuyers.
Le général Morris a dû, pendant l’espace de plus de quatre lieues, conduire sa division à travers les terrains les plus difficiles. Par sa présence, il fermera la (rouée, que va laisser le maréchal de Mac-Mahon en opérant son mouvement sur la gauche, et maintiendra la ligne, de coifcert avec les deux divisions Partouneaux et Desvaux.
Le général Morris s’établit sur trois lignes par échelons. — La première , composée des chasseurs (colonel de Cauvigny) et des guides (colonel de Mirandol), avait sa gauche appuyée à la droite du général Decaen et à hauteur de ses tirailleurs; les deux autres, un peu en arrière, se reliaient aux batteries du général üesvaux établies dans la plaine.
Il est important de dégager le terrain devant soi.
Le général de La Motterouge (1) reçoit l’ordre de s’avancer d’abord dans la direction des hauteurs de
(t) LE GÉNÉRAL DE DIVISION DE LA MOTTEROUGE
(Josepb-Êdouard) est un de nos officiers généraux les plus brillants et les plus énergiques.
Né le 3 févier 1804 à Pléneuf (Côtes-du-Nord), il entrait à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr le 9 septembre 1819. Sous-lieutenant au 22" de ligne le (1 février 1822, il faisait la campagne d’Espagne de 1823 à 1825. Lieutenant le 2fi juin 1830, il était envoyé en Belgique et assistait à la prise de la citadelle d'Anvers.
Nommé capitaine le 4 décembre 1832, il passait avec son grade, le 10 décembre 1833, au 51* de ligne. Chevalier de la Légion d’honneur le 25 avril 1840, il est chef de bataillon au 8* léger le 31 décembre 1841 , lieutenant-colonel au 40* de ligne le 27 ami 1846, commandant
CAMPAGNE D’ITALIE
Solferino déjà occupées par nos troupes, puis, en appuyant sur sa droite, de marcher sur San Cassiano et de s’en emparer.
de l’Ecole de tir de Saint-Omer le IG mai 1847, et colonel du 19 léger le 5 juillet 1848.
Général de brigade à la date du 28 décembre 1852, le général de La Motterouge était appelé, le 11 juin 1854, au commandement de la 1” brigade de la 3* division de l’armée du Midi qui devint la 5* division de l’armée d’Orient.
C’est à partir de ce moment que le général montra surtout les énergiques et biillantes qualités militaires qui le distinguaient. C'est en Orient et en Italie que devaient s’écrire les plus belles pages de sa vie militaire. Ceux de nos lecteurs qui connaissent nos chroniques de la guerre d’Orient se rappellent la part glorieuse prise par le général dans toutes les opérations qui se succédèrent pendant le long siège de Sébastopol. Partout où il y avait un danger à courir, un ennemi à repousser, se trouvait le général de La Motterouge le premier au feu, conduisant ses soldats à l'ennemi.
La Crimée fut lo théâtre où il sut déployer chaque jour les ressources de son énergie, et rendre son nom un des plus populaires de notre vaillante armée. Chaque combat, sur cette terre glorieuse, lui valait une citation ou un rapport à l’ordre du jour de l'armée : bataille d'Inkermann (5 novembre): attaque et prise de l'ouvrage de contre-approche du bastion central (2 mars) ; attaque et prise de contreapproche du cimetière (23 mai) ; attaque et prise de Malakolf (le 8 septembre 1855).
De tels services devaient être dignement récompensés, le général de La Slotlerouge était nomm^ générai de division le 22 juin 185.5, et c’est à la tète de la 5" division du 2* corps qu'il montait à l'assaut de Sébastopol, où il recevait deux blessures, lorsque les Russes firent sauter la courtine. — Le 22 septembre, il était commandeur de la Légion d’honneur.
Rentré en France le 24 mai 1856, il commandait la 15* division territoriale (1" mai 1857). il exerçait encore ce commandement lorsqu'il fut appelé & l’honneur de faire partie de l’armée d’Italie.
Sur ce nouveau théâtre , nous avons retrouvé l’intrép de combattant de Crimée : Turbigo, Magenta, Solferino, furent pour lui autant d'étapes glorieuses , qui marquaient de nouveau son nom parmi les plus vaillants.
Le général de La Motterouge est grand officier de la Légion d’honneur.