LIVRE I, CHAPITRE I
furent concentrées à Florence , et les avant-postes furent occupés à l’est par les Toscans, à l’ouest par le général Cauvin du Bourguel, qui s’étendait de Pistoia jusqu’à San Marcello et les bains de Lucques. — Livourne, regardée comme base d’opérations, ne conserva que les magasins de dépôts.
Le colonel de Franconiére, fut chargé de porter à l’Empereur un rapport détaillé sur la situation.
Le 31 mai, le prince transporta son quartier général à Florence (1); ce fut là que le colonel de Franconiére, qui avait atteint l’Empereur, le 1" juin, à Verceil, vint lui rendre compte de sa mission et rapporter à S. A. I. la réponse de Sa Majesté.
L’Empereur approuvait complètement les dispositions prises; elles le rassuraient sur l’Ilalie centrale, dont l’occupation par les troupes françaises importait puissamment au plan de compagne qu’il avait combiné.
Sa Majesté faisait en outre savoir au prince Napoléon de rester en Toscane, jusqu’à la réception de nouveaux ordres, afin de continuer à maintenir, par sa présence, l’influence française sur le centre de l’Ilalie. — Aucun mouvement au sud du Pô, soit sur Modène ou Ferrare,
(1) Florence. — Capitale du grand-duché de Toscane. 12 000 habitants. Située dans une plaine fertile sur l’Arno, cette ville est entourée de murs et défendue par (leur forts. Florence est très-remarquable par ses monuments; elle fut le berceau des lettres et des arts à la Renaissance , et la patrie des plus grands génies dont s’honorent les sciences, la littérature et les arts, Galilée, Machiavel, Guacciardini, Dante. Michel-Ange, Benvenulo-Cellini,' Giotto, Amérique Vespuce, Côme, Laurent, Léon X, Clément VII, etc.
campagne d’italie.
ne pouvait du reste avoir de résultat sérieux, avant que l’armée principale eût elle-même traversé le Tessin et remporté en Lombardie un succès décisif qui la portât vers l’Adda ou le Mincio.
XV. — Les ordres de Sa Majesté prolongeaient donc à Florence le séjour de la 2* division du 5' corps; le prince en profita pour s’occuper dans tous leurs détails de l’installation des troupes, de leurs subsistances et de l’établissement des hôpitaux. — En même temps, il poussait activement l’organisation régulière du corps toscan, dont les rangs se grossissaient peu à peu. — Déjà de beaux bataillons de grenadiers étaient formés, habillés, équipés et prêts à marcher à l’ennemi.
Un escadron de 150 chevaux, sous les ordres du colonel comte Poninski, portant le nom de guides toscans, s’était joint à la brigade de cavalerie du général de Lapevrouse. — La division du général Ulloa n’allait pas tarder à présenter un effectif de 10000 à 12 000 combattants. Le général Mezzacapo complétait aussi une division de volontaires romagnols et italiens, véritable légion de partisans qui pouvait, en se répandant au milieu de ces montagnes, sc rendre au besoin sérieusement utile.
Un service de correspondance confidentielle régulièrement organisé tenait chaque jour le prince au courant de tous les mouvements des Autrichiens à Ferrarc, Bologne et Ancône.