‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 13 sur 326 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

qui devaient porter si haut la gloire de nos armes se dessinaient dans le nord de l’Italie , ainsi que nous l’avons raconté dans la première partie de ce travail ; l’Empereur franchissait le Tessin, et Florence apprenait presque en môme temps la victoire de Magenta et l’occupation subite de Milan.

Il est facile de comprendre avec quel enthousiasme cette grande nouvelle fut accueillie dans toute l'étendue de la Toscane. — D’échos en échos, les acclamations joyeuses des villes et des campagnes traversèrent la contrée.

Certes, il était cruel pour celte belle division du 5e corps d'entendre ainsi venir à elle, comme un bruit lointain, le tumulte de la guerre, lorsqu’elle restait forcément inactive au poste qui lui avait été assigné; elle célébrait avec un noble orgueil les glorieux combats de ses frères d’armes et souffrait de ne pouvoir y prendre part. — Mais, ainsi que l’écrivait l’Empereur au prince Napoléon , impatient de quitter cette position inactive : « Il fallait se ployer aux exigences générales. »

Dans les combinaisons du plan général de campagne, chaque corps d’armée avait sa mission. — Pour tous, elle ne pouvait être la même ; pour tous, l’heure du combat ne pouvait sonner à la fois : et si le 5e corps ne participait pas personnellement aux faits de guerre qui se produisaient devant la marche de notre armée, il en affermissait du moins les conséquences, en inquiétant l’ennemi sur la rive droite du Pô, et en le

CAMPAGNE D’ITALIE

forçant plus tard à abandonner successivement toutes ses positions sur celte grande voie de communication du fleuve.

XVII. — L’occupation pure et simple de la Toscane devenait cependant chaque jour moins nécessaire. — Les renseignements venus de divers côtés s’accordaient à dire que les corps autrichiens, sous les ordres du feldmaréchal de Wimpffen, avaient fait un mouvement pour repasser sur la rive gauche du Pô, en dégarnissant les légations.

Une portion des troupes concentrées sur Modéne et . sur Reggio s’attendaient à tout instant à recevoir Tordre de se transporter à Mantoue. Une lettre confidentielle, émanée de source sûre et datée de Modéne, 9 juin, portait les forces réparties dans les États du duché; — en troupes autrichiennes , à 3 bataillons d’infanterie (2 hongrois et 1 croate), une batterie d’artillerie (8 canons). — En troupes modénaises à 3 bataillons de ligne ; une de réserve, une batterie, un demi-escadron, 2 compagnies de pontonniers, et 2 compagnies de gendarmerie.

Cette lettre ajoutait :

« Les obstacles de la montagne sont peu importants ; les Autrichiens ont brisé quelques petits ponts et coupé des terre-pleins ; hier, ils ont miné le pont de la voie ferrée de Modéne à Reggio, mais la mine n’a pas réussi; l’unique place forte du duché est Brescello sur le Pô,

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