‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 126 sur 326 · LIVRE 11, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE IV

ennemies qui occupent et couronnent les dernières hauteurs du Mont fontana. Cette batterie , que mène le commandant LafTailic, vient, se placer en bonne position à Tragliato di Cavpana , et laboure le banc des qolonnes autrichiennes par des feux d’écharpe.

Il devenait urgent d’appuyer eflicacement le général Lefèvre, dont la brigade, dans les rudes combats qu’elle soutient, a subi des pertes cruelles. Déjà le colonel Laure (1), ce vaillant soldat d’Afrique, qui fait, depuis le commencement de la journée, des prodiges d’audacieuse intrépidité avec ses soldats , a été mortelle-

(1) LE COLONEL LAtaE

(Hippolyte-Adolphe), était né le 2G mai 1815 à Hyères (Vai).

Elève à l’Ecole militaire de Saint-Cyr, le 7 décembre 1832, il était sous-lieutenant au 24* de ligne le l" octobre 1859. II partit l'année suivante pour l'Afrique, où il devait passer une partie de sa vie. Chevalier de la Légion d'honneur le 22 juin 1840, il était nommé lieutenant le 17 octobre 1840. Passé au 53* de ligne le 28 juillet 1842, il devenait capitaine le 24 mars 1843.

Le capitaine Laure fut alors envoyé en Italie et nommé chef de bataillon le 0 mat 1850. Le 11 , il entrait avec ce grade au 1*' régiment de zouaves, et retournait sur cette terre d’Afrique sur laquelle il avait déjà combattu pendant onze ans.

Le U mai t85! , il assistait à l’alTairc du Col d’Et-Kscar, où il avait un cheval tué sous lui. Sa vaillante conduite lui valait la croix d’officier de la Légion d’houneur. 11 est lieutenant-colonel au 27’ de ligne le 25 juin 1853.

L’Afrique est sa terre de prédilection : c’est là qu’ii a fait scs premiers pas dans la carrière militaire, et qu’il a gagné tous scs grades dans la vie des camps. Le 17 novembre 1855, après avoir été successivement au 27* de ligne et au 70e, il est nommé colonel du 68*.

Le 9 février 1856, il recevait le commandement du 2* régiment de tirailleurs algériens, qu’il conserva jusqu’au 26 mars 1859. Alors il fut mis à la tête du régiment provisoire de la même arme.

Appelé à l’armée d’Italie, nous l’avons vu à Turbigo; nous l’avons vu, dans la journée de Magenta, former la tâte de colonne de la l"di-

ment frappé, et près de lui son second, le brave lieutenant-colonel Herment (I). En les voyant tomber devant eux pour ne plus se relever , les turcos , ces noire fils de l’Afrique, ont poussé, comme feraient des bêles fauves, des rugissements sauvages; trempant, selon leur coutume, leurs mains dans le sang des chefs qui tant de fois les avaient menés au combat, ils ont juré de venger leur mort , et se sont élancés sur l’ennemi en bonds furieux.

vision et se lancer h l’ennemi avec cette audacieuse intrépidité dont il avait tant de lois donné des preuves.

C’est h Solferino que ce brave colonel devait succomber A cétê de son lieutenant-colonel. Sa mort fut vivement sentie dans l'armée, qui avait appris à estimer sa valeur.

Le plus bel éloge que l’on puisse faire du colonel Laure, c'est de rappeler que douze foie il fut cité par scs chefs dans leurs rapports ou mis à l’ordre du jour de l’armée,

11 était commandeur de la Légion d’honneur.

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