LIVRE II, CHAPITRE IV
LXXHI. — Une colonne de cavalerie autrichienne s'avance dans la plaine. — Aussitôt le général Morris donne ordre au général Cassaignolles de la charger en flanc. — Celui-ci part avec ses deux intrépides régiments qui forment une seule ligne épaisse et compacte, mais la cavalerie autrichienne tourne bride et se replie sur ses réserves.
Si les hasards de la guerre devaient refuser ainsi à cette brillante cavalerie l’occasion de se signaler personnellement, elle devait s’en consoler en pensant au service important qu’elle rendait dans l’ensemble général de la bataille; car les deux divisions Partouneaux et Desvaux eussent été impuissantes à couvrir à elles seules cette grande ligne, notre point le plus vulnérable, dont l’étendue s’élargissait encore par le mouvement de conversion du 2* corps.
LXX1V. — Le 45* et les tirailleurs algériens , réunis au premier renfort des zouaves et des grenadiers de la garde, ont réuni leurs efforts combinés sur le second mamelon (piton 2) qu’ils cherchent à enlever ; mais l’ennemi, refoulé sur un point par l’élan de nos troupes, reparaissait sur un autre, et combattait avec une opiniâtreté sans égale , reprenant peu à peu le terrain perdu, pour le reperdre de nouveau et tenter de le reconquérir encore.
Le général de La Molterouge pourrait maîtriser ces retours incessants de l’ennemi, en lançant sa seconde brigade; mais par ordre exprès du maréchal, elle est
tenue en réserve et doit se maintenir sur le' terrain qu’elle occupe pour se relier à la division du général Decaen.
C’est cette position importante que vient occuper à son arrivée la 1" brigade de la garde de la division Mellinet, envoyée par l’Empereur au maréchal de Mac- Mahon, sous les ordres du général Niol.
Le général de La Molterouge prend alors avec lui les quatre bataillons qui sont sous sa main, et marche rapidement sur le Mont Fonlana. Ce sont trois bataillons du 65' et un du 70* de la brigade Dounv. Il se dirige entre les pitons 1 et 2 pour couvrir à la fois ces deux positions. — Dès que les troupes, qui vont au pas de course, ont atteint les hauteurs, le colonel les forme par bataillons en masse un peu en arrière de la crête, et jette en avant par chaque bataillon une compagnie d’éclaireurs, dont la présence suffit pour arrêter, un gros d’ennemis.qui semblait vouloir exécuter un mouvement tournant.
LXXY. — L’Empereur, qui suit pas à pas les progrès de son armée, et que nous avons vu toute à l’heure accourir sur une des croupes du Mont Fontana, voit les efforts acharnés des Autrichiens, que leurs officiers ramènent avec opiniâtreté au combat; il assiste à la lutte héroïque des vaillantes troupes du 2* corps, que le nombre supérieur de ses ennemis ne peut parvenir à écraser, et envoie à une batterie d’artillerie à pied de la garde, l’ordre de prendre à rc\crs les masses