‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 128 sur 326 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

LXXVI. — Le général de La Motterouge accourt. Un nouvel élan est donné au milieu de la fusillade, qui de toutes parts frappe les échos en longs déchirements, et des retentissements formidables de l’artillerie. Les clairons sonnent la charge , et nos bataillons s’élancent sur L’ennemi avec une ardeur indicible. — Les Autrichiens ne peuvent résister à ce torrent furieux qui défie la mort et les envahit ; ils sont refoulés presque au delà de la dernière crête du Mont Fontana, et gagnent en désordre le vallon en avant de Cavriana.

Aussitôt que les soldats ont couronné les importantes hauteurs de Cavriana, une demi-batterie d’artillerie se place au milieu de l’infanterie et commence sur l’ennemi qui se retire confusément, un feu meurtrier, pendant que les neuf autres pièces de la division, mises en batterie au pied même des hauteurs, mitraillent les escadrons ennemis qui se déploient dans la plaine.

Pendant que le général de La Motterouge prend position sur les crêtes du Mont Fontana, une des brigades de la division Decaen chasse devant elle les colonnes autrichiennes qui venaient pour se jeter sur la gauche du 2* corps, et lient, en même temps, en échec les masses ennemies accourues pour reconquérir les positions, dont nous venons de nous emparer.

Pendant qu’une portion de cette division appuie le général de La Motterouge et combat avec lui, l’autre, avec le général Gault, s’est lancée à la baïonnette sur un groupe de maisons, d’où part un feu des plus violents et

CAMPAGNE D’ITALIE

déloge successivement l’ennemi de fermes isolées dans lesquelles il s’ était retranché.

LXXV1I. — C’est alors que les braves voltigeurs du général Manèque, auquel est venu se joindre le bataillon de chasseurs à pied du commandant Clinchant, parviennent, de hauteurs en hauteurs, jusqu’à la gauche de Cavriana, soutenus par l’artillerie à pied de la garde; ils s’y jettent résolùment, donnent la main aux tirailleurs algériens du général de La Mollerouge et pénètrent avec eux dans l’intérieur de Cavriana. Le général tourne le village et vient s’établir sur le Mont Beita brisant encore sur son passage les dernières résistances de l’ennemi. De toutes parts, les colonnes autrichiennes sont refoulées, elle tentent en vain de ces retours offensifs, dans lesquels la valeur autrichienne a toujours déployé de suprêmes efforts pour opérer sa retraite avec honneur. Le lieutenant-colonel Berckheim arrive avec une batterie à cheval de la garde : ses boulets vont chercher à des distances prodigieuses les colonnes autrichiennes qui s’éloignent de Cavriana, et jettent au milieu d’elles le plus affreux désordre.

LXXYIII. — Cavriana! c’était ld dernier refuge de l’armée ennemie. — Derrière ces hauteurs protectrices qui déroulaient aux abords du village leurs réseaux formidables, l’empereur d'Autriche avait massé toutes ses réserves. — C’est du sommet de ces collines que, depuis le commencement du jour, il les dirige et les

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