‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 131 sur 326 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

A la droite de la cavalerie combat le 4' corps.

LXXX. — Ce ne sont plus ces ^ravissements impétueux sur des hauteurs hérissées de baïonnettes, courses haletantes d’hommes, de chevaux, de canons; ce ne sont plus ces mamelons arrachés un à un sur des monceaux de cadavres, ces chocs terribles au milieu des ravins, sur les flancs des collines, sur la crête des monts. — C’est, pour ainsi dire, une bataille immobile, mais une bataille terrible, opiniâtre, se cachant dans les épais massifs, se renouvelant à tout instant par des attaques imprévues; c’est la lutte incessante qui épuise les forces sans briser les courages. — Aux bataillons repoussés succédaient de nouveaux bataillons, et les intrépides combattants du 4' corps voyaient d’heure en heure les flots de l’ennemi se renouveler, s’accroître, et menacer de les envelopper.

LXXXI. — Mais avant de retracer ces combats héroïques qui ensanglantèrent, pendant plus de dix heures, les abords de la Casa Nova, il est importaut d’entrer dans quelques détails sur l'arrivée du 3e corps à Medole, et sur les faits importants qui s’y passèrent.

Il était neuf heures un quart environ, lorsque la tète de colonne du 3' corps, avec laquelle marchait le maréchal Canrobert, arrivait à Medole (I). — Là seulement, il apprend que la division de Luzy n’y avait pénétré qu’après un combat très-vif, et que le 4* corps était

(1) Rapport du maréchal Canrobert h l’Empereur.

arrêté dans sa marche sur Guiddizzolo par des forces considérables.

Le commandant du génie, Cofl'yn, auquel le général de Luzy avait laissé le commandement de Medole, pour se porter en avant avec la brigade Lenoble, a rejoint ce général sur la route de Geresara, et lui apprend qu’il vient de remettre le commandement entre les mains du maréchal Canrobert, dont les premières troupes viennent d’atteindre cette petite ville. — Le général de Luzy est en ce moment vivement pressé par les masses ennemies, qui se montrent sur différents points et menacent de le tourner par la route de Geresara, où il n’a que trois bataillons à lui opposer; il envoie aussitôt le comman-dant Crepy , son sous-chef d’état-major, demander du renfort au maréchal Canrobert.

LXXXII. — Le général Courtois-d’Hurbal , commandant l’artillerie du 3- corps, vint immédiatement reconnaître la position ; peu d'instants après, le général Renault y arrive aussi de sa personne.

Pendant cetemps,le général Jannin recevait l’ordre de porter sa brigade sur la droite du k' corps, au fur et à mesure de son arrivée.

Le maréchal présidait lui-même au départ immédiat de ces troupes, lorsque deux officiers d’ordonnance de l’Empereur, les capitaines d’état-major Klein de Kleinenberg et de Clermont-Tonnerre, se présentent en même temps devant lui au nom de Sa Majesté. — Ces deux officiers avaient été, on le sait, envoyés, l’un de

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