‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 136 sur 326 · LIVRE IJ, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IJ, CHAPITRE V

de plus en plus menaçant, et s’avance en s'appuyant à la ferme de Casa nova située sur la lisière du bois, à 1000 mètres du point où le général Yinoy a établi sa batterie d’artillerie.

Cette ferme a joué pendant tout le cours de la journée un grand rôle, et c’est autour d’elle que se sont livrés les combats les plus acharnés. Les Autrichiens, voyant le petit nombre de troupes que nous leur opposons de ce côté; portent droit sur elles une colonne d’infanterie et de cavalerie soutenue par de l’artillerie; nos tirailleurs se replient sur leurs réserves, au milieu desquelles la mitraille fait déjà de cruels ravages. Nos 4 pièces d’artillerie se défendent avec peine et sont menacées d’être écrasées, mais le général Soleillc ac-. court, amenant successivement sur le terrain les batteries de la réserve.

XG. — 28 pièces sont en position; le général surveille lui-même avec une activité sans égale l’exécution de ses ordres et l'emplacement de ses pièces, qui bientôt sont toutes en action. La cavalerie ennemie, subitement foudroyée, tourbillonne et laisse sur place ses chevaux et ses hommes mutilés , mais l’infanterie continue héroïquement sa marche; ses rangs incessamment troués par nos boulets se resserrent. En tête , marche un colonel, le drapeau à la main, impassible devant la mort qui décime scs soldais.

Le 6“* chasseurs à pied et 2 bataillons de ligne se déploient et courent à la rencontre de cette colonne

CAMPAGNE D’ITALIE

Des premiers tombe le brave colonel autrichien. — Sa mort est le signal de la retraite; son corps reste entre nos mains, ainsi qu’un grand nombre de blessés et de prisonniers, parmi lesquels plusieurs officiers*

Iles attaques se renouvelaient à de courts intervalles, chaque fois plus ardentes, plus impétueuses ; mais, en les repoussant, nous gagnions du terrain, et les intrépides canonniers qni défendaient la ligne de bataille en profitaient pour se porter intrépidement en avant.

XC.I. — La division Vinoy s’était ainsi rapprochée, de la ferme de Casa Nova, dont les Autrichiens avaient fait un de leurs points d’appui et qu’ils occupaient en force, « des pièces d’artillerie placées près de celte ferme (écrit le général Vinoy) jetaient la mitraille dans nos rangs, et les Autrichiens embusqués dans des fossés atteignaient même nos servants. — Une pareille situation ne pouvait durer. »

Le général n’hésite pas. — Il donne ordre de s’emparer de la ferme.

C’est le commandant de Potier qui doit enlever la position avec les cinq compagnies de ses chasseurs qu’il a sous la main, pendant que le colonel Bellecourl avec le 85"'% appuiera son mouvement en se portant rapidement sur la droite de Casa Nova pour empêcher l'ennemi de tourner les chasseurs. — Le 3m* bataillon se porte à la droite de l’artillerie pour sc réunir au 1" bataillon, et

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i renforcer cette partie de la ligne la plus exposée aux

attaques de l’ennemi (1). . • ' \

XCIf. — Le général Vinoy a donné le signal de l’at- . toque. L’artillerie ouvre son feu contre les bâtiments •

de la fe.rine, son tir est si habilement et si vigoureusement dirigé que les pièces ennemies sont réduites au silence et que les réserves d’infanterie massées en avaut • *’

de la ferme sont forcées de se retirer. — .(l’est le moment de se jeter résolument en avant. Le commandant de Potier fait sonner la charge. Ses chasseurs à pied, ' A

3 compagnies du 52"", avec le capitaine Crémieux , et 3 compagnies du 85'"r sous les ordres du capitaine Chauveneie, s’élancent aux cris de vive l’Empereur! S’excitant au combat par une ardeur mutuelle, sautant dans les vergers, franchissant les haies, ils abordent l’ennemi

à la baïonnette. Ceiui-ci essaye un instant de résister; •

mais de tous côtés la ferme est enveloppée, enlevée d’as- *

saut; la défense est devenue impossible, et les troupes autrichiennes qui l’occupaient abandonnent la place. Le commandant de Potier après les avoir poursuivies jusqu’à la roule de Guidizzolo s’est replié sur la ferme et a pris des dispositions défensives. — Bientôt, en effet, l’ennemi tente un effort vigoureux pour s’en réemparer.

Le commandant, soutenu par les capitaines Crémieux et Chauvencie, s’élance de nouveau à la rencontre de , -

(1) Noie sur les opérations dç la î* division du 4* corps, le 54 juin , communiquée à l’auteur par le générai Vinoy.

CAMPAGNE U’ITALIE

T ennemi et le repousse encore jusqu'au delà de la route. — La vigueur de cette attaque est si rude, la retraite si précipitée, qu’un instant 5 pièces d’une batterie autrichienne restent entre nos mains.

« Malheureusement, écrit le général Vinoy, les avanttrains de ces pièces avaient été enlevés et nos soldats ne purent les traîner pour les conserver en notre possession. La cavalerie autrichienne sc précipite sur eux avec impétuosité, et de foi les colonnes d’infanterie s’avancent pour reprendre leurs pièces. Nos soldats ne penvent résister à des troupes si supérieures en nombre, ils défendent énergiquement ces trophées qu’ils voulaient conserver, le brave capitaine Chauvencie du 85* de ligne se fait tuer sur une des pièces. Mais tous les efforts sont impuissants, il faut lofe abandonner et se replier sur la ferme de Casa Nova en défendant le terrain pied à pied. »

XCIII. — Cette ferme désormais en notre pouvoir sert de point d’appui à la droite de la division. Un détachement du génie pratique des meurtrières et la met en solide état de défense.

Le général Vinoy a porté de nouveau sa ligne de bataille à 100 mètres en avant, et fait un mouvement de conversion à droite, de manière à sc rapprocher par sa gauche de la roule de Castiglionc à Guidizzolo, à laquelle s’appuie le 2* corps.

C’est pendant que la division exécutait ce mouvement, que les deux divisions de cavalerie Partouneaux et Desvaux débouchèrent dans la plaine. — Le général Nicl donne

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