LIVRE I, CHAPITRE I
xnais elle est de peu d'importance, et sera sans nul doute abandonnée sans défense.
« Le général de brigade qui commande les troupes autrichiennes dans le duché appartient au corps d'armée de Wimpffen; il a semblé un instant devoir occuper les duchés (1); mais il a certainement reçu l’ordre de se rendre vers une autre destination. — Aucune résistance sérieuse ne peut être opposée dans ce pays à une armée de passage.
« Quant au duché de Parmé, il n’y a d’Autrichiens qu’à Plaisance; les quelques soldats qui restent à Parme, sont sans frein, sans discipline, toujours prêts à entrer en querelle avec les bourgeois. — On ne trouverait également là aucune résistance sérieuse. »
XVIII. — Ainsi , l’ennemi en se retirant sur tous les points et en abandonnant les positions qu’il avait gardées
(t) En effet, une lettre adressée par le général Ulloa au prince Napoléon, en date du 5 juin, lui disait :
a Je viens d’appKndre, par des lettres qui arrivent de Modène, que le’général de Wimpffen va établir son camp à Formigine, au pied des Apennins, h trois kilomètres du débouché de la route de l’Abetone et à trois lieues de Modène. »
Et une autre lettre confidentielle , en date du 4 juin, de Modène, disait également :
o 11 n’y a pas lise faire illusion; WimpfTen est sans doute destiné à tenter une diversion en Toscane , pour placer ce pays hors d’état d’agir et de menacer du côté de la Spezzia et Sazzana dégarnie de troupes sur notre droite. La preuve que le fait est vrai , c’est la présence du prince de Toscane, qui est apparu et reparti hier pour Mantoue, et la promptitude que les troupes mettent dans leurs marches: les bataillons qui arrivent aujourd’hui étaient, le 2, à Padoue. Ils arrivent après une double étape, sans sacs et apportés par des chariots. »
CAMPAGNE D’ITALIE
jusqu’alors, semblait indiquer lui-même que le moment était enfin venu de réunir les deux divisions du 5' corps, et de leur assigner un rôle actif.
Le prince Napoléon adressa à l’Empereur un rapport détaillé sur cet état de choses, et chargea de nouveau le colonel de Franconière de se rendre auprès de Sa Majesté.
Le colonel partit de Florence le 10 juin, et rejoignit l’Empereur à Milan le 12 au malin, quelques heures avant que Sa Majesté ne quittât la capitale delà Lombardie pour se diriger sur Trevigliano. — Dans ce rapport le prince Napoléon suppliait respectueusement l’Empereur de lui donner les moyens de sortir de cette position inactive, pour seconder le mouvement en avant de la grande armée, en balayant toute la rive droite du Pô jusqu’à la frontière des États de l’Église.
Il ne cachait pas à Sa Majesté combien son rôle entièrement passif devenait chaque jour plus difficile et plus cruel.
XIX. — La situation générale, comme on le verra par la suite de notre récit, s’était élargie. — Parme, Plaisance, Pavie, Bologne, Ancône étaient évacués.
L’Empereut, après avoir pris connaissance du rapport que lui adressait le prince Napoléon, envoya enfin au prince l’ordre tant désiré de franchir l’Apennin.
La dépêche télégraphique, datée de Milan, le 11 juin, disait :
» Que le prince Napoléon devait concentrer tout son corps d’armée à Plaisance, où la division d’Aute-