LIVRE II, CHAPITRE V
officiers de notre armée, le colonel du génie Jourjon (1), a trouvé la mort en dirigeant personnellement la défi) LE COLONEL Dt: GÉNIE JOURJON
(Charles-Louis), était né à Rennes, le 18 septembre 1807.
Admis h l'École polytechnique le 1" octobre 1826, lien sortit comme élève sous-lieutenant à l'Ecole d’application de Metz le 1" octobre 1828.
Sous-lieutenant au 3* du génie le 17 janvier 1831, lieutenant au 2* le 20 mai 1832, puis au 1" le 13 février 1833, il partit pour l’Afrique. Bien qu’il n’y resta qu’une année, il fut cité deux fois A l’ordre de l’armée pendant l’expédition de Slédeah. Rentré en France, il fut attaché comme lieutenant à l’état-major particulier du génie, lel,'février 1834, et devint capitaine de 2* classe, le 20 mai 1834.
Le capitaine Jourjon alla en Algérie, le 29 mars 1840, rejoindre le 1" régiment du génie, et était nommé capitaine en premier le 21 janvier 1841: capitaine de lr* classe de l’élat-major du génie, le 8 janvier 1842,. il rentrait presque aussitôt en Franco, pour être placé quelques mois après, à l’état-major d’application de Metz.
Le 27 novembre 1845. il était nommé professeur du cours d'art militaire et de fortification, chef de bataillon le 24 mai 1830, et envoyé en 1831 comme chef du génie 4 Bordeaux et à Libourne. Lieutenant-colonel le l,r février 1834, il s’embarquait sous les ordres du général Niel, pour la Baltique, le 20 juillet, et montrait dans cette courte expédition les qualités militaires qui le distinguaient. A son retour, il alla remplir les fonctions de chef du génie 4 Metz, et les conserva jusqu’au moment où il fut appelé à l’armée d'Orient.
Le siège de Sébastopol devait mettre en lumière les hautes qualités de ce brillant officier du génie : bravoure 4 toute épreuve, sang-froid, activité infatigable. Cité à l’ordre du jour de l’armée pour sa brillante conduite, le 18 mars il était nommé chef d’état-major du génie de l’armée d’Orient, et le 23 mai colonel.
Déjà le colonel Jourjon était classé par tons les hommes spéciaux comme un des officiers de son arme le plus remarquable et le plus digne de parvenir aux grades élevés.
A son retour de Crimée, il fut envoyé comme directeur des fortifications à Bourges (IJ février 1856). Tl était colonel du 1" régiment du génie depuis le 20 mars 1858, lorsqu’il fut appelé i l’armée d’Italie en qualité de commandant du génie du 4* corps (22 avril 1839).
La bataille de Solferino devait l’enlever 4 l’armée, et le maréchal Xiel signala dans son rapport la perte cruelle que venaient de faire l'armée et le génie , où son noble caractère et ses hautes vertus militaires avaient été si vivement appréciés.
236 ' . CAMPAGNE D’ITALïE.
fense de Casanova, avec cette énergie audacieuse et , résolue dont il avait donné tant de preuves en Crimée.
Le général Niel a lancé la brigade Saurin par fractions
, successives. Épuisée de combats, de fatigues, cette vailriante brigade défend pied à pied ce terrain qu’il faut
tout prix conserver.
XCVIIL — Qué de traits de valeur héroïque il faudrait ' citer ! — Ici, c’cst le 15* bataillon de chasseurs, sous les ordres de son chef, le commandant Lion ; il s’élance à l’ennemi ; un of ficier autrichien va frapper mortellement le capitaine, mais tm chasseur, le nommé Pètit, lue cet officier d’un poup de baïonnette.
Là, c’est le 2e de ligne qui combat avec acharnement contre des colonnes que l’ennemi renouvelle sans cesse.
Le capitaine Douay qui commande le 3» bataillon, a le bras emporté par un boulet. Cet énergique officier conserve son commandement; impassible au milieu du feu, malgré son sang qui coule à fiols, il donne ses ordres et anime au combat ses soldats électrisés par tant de courage. En vain on le presse de se retirer, en vain on veut l'emporter loin du champ de bataille, il reste jusqu’au moment où il tombe épuisé pour ne plus se relever.
Le 2e bataillon déployé en tirailleurs a massé la 3r compagnie du centre chargée de la garde du drapeau. — Un gros d’ennemis caché par des massifs de mûriers fond sur elle à l'improviste : mais elle défend avec ' acharnement le dépôt d’honneur qui lui est confié et donne ainsi le temps aux autres compagnies de venir ral-