‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 141 sur 326 · LIVRE 11, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE V

Her l'étendard du régiment. La lutte est terrible, la môlée furieuse; presque tous les officiers qui commandaient ces compagnies sont glorieusement tombés. Mais plus le péril grandit , plus les rangs se resserrent : les vivants et les morts forment autour du drapeau ufi dernier rempart.

Le commandant Hébert du 53' a vu le danger qui menace ses frères d’armes, il lève son sabre en criant : « En avant! premier bataillon du 53', au drapeau! »

A la voix de son chef intrépide, le bataillon s’élance et fond sur l’ennemi. — L’aigle du 2* de ligne est dégagée ; mais le brave commandant Hébert a été tué des premiers; renversé à terre par un coup mortel, il criait encore à ses soldats : « Courage mes enfants ! » — Mort glorieuse et bien digne des nobles soldats delà France.

De nouveaux bataillons autrichiens accourent de tous côtés en poussant des cris furieux. — Le 55« de ligne reçoit l’ordre de dégager la ferme que l’ennemi menace d’envelopper; le colonel de Maleville lance le commandant Tiersonnier avec le 3' bataillon ; le commandant entraîne ses hommes et refoule l’ennemi à la baïonnette; son cheval vient d’être tué, il combat à pied avec une énergie qui redoublé l’ardeur de ses soldats. Une pièce de canon autrichienne tombe en son pouvoir, aussitôt il coupe les traits qui retiennent les attelages de l’artillerie ennemie et s’élance sur un des chevaux ; — Superbe d’audace, de courage invincible , il est tonjours au premier rang, eourant, avec un pro-

CAMPAGNE D’ITALIE

fond dédain de la mort, partout où le danger est le plus menaçant. — Trois coups de feu le renversent inanimé au milieu de ses soldats.

Le commandant Nicolas, du 2* bataillon, tombe aussi mortellement frappé, et, avant d’expirer, trouve encore assez de force pour crier : « Vive l’Empereur! »

XCIX. — Le brave 55\ qui combat ainsi, et perd un à un ses plus vaillants officiers, est à bout de luttes : — Les soldats n’ont plus de cartouches; mais l'ennemi, soutenu par des renforts incessants, avance encore, avance toujours. Le colonel de Maleville envoie demander du secours et des cartouches.

« — Je ne puis lui envoyer ni secours, ni cartouches, répond le général; qu’il combatte à la baïonnette. »

Le danger est pressant ; écrasés par le nombre , les soldats plient cl perdent du terrain.

Alors le brave colonel, saisissant d’une main le drapeau du régiment, et montrant de l’autre l’ennemi qui approche, se lance seul en avant en criant ; « Qui aime son drapeau, me suive !... » Noble inspiration du plus beau courage.

Officiers et soldats oublient la fatigue qui les accable, la mort qui les décime, et se jettent avec une nouvelle ardeur sous le feu le plus terrible. Le colonel de Maleville a fait à peine quelques pas qu’une balle lui fracasse la cuisse. Malgré la douleur de cette cruelle blessure, il ne veut pas, non plus, quitter le

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