LIVRE ,|I, CHAPITRE V
De forts détachements de uhlans appuyés par de l’artillerie légère lui ont été signalés, mais à plusieurs reprises, il a été constaté qu’aucun corps d’infanterie ne parait derrière la cavalerie.
Lieutenant-colonel du 3* léger, le 16 janvier 1800, U entra avec ce grade au régiment de zouaves , le 2G avril 1800, et fut promu colonel de ce régiment, le 24 décembre 1801. Il devint ensuite colonel du 1" de zouaves (réorganisé) le 13 février 1802, et général de brigade le 14 oc-> tobre 1864.
A ce titre, il commanda d’abord une brigade de la 2" division d'infanterie de l’arméo d’Orient, puis la 2* brigade de la 2* division d’infanterie de l’armée du Nord, et enfin une brigade de la 4* division d'infanterie du 2* corpsde l’armée d’Orient. — Après la guerre, il fut appelé A commander la subdivision de la Gironde (28 juin 1856), et mis ensuite 4 la disposition du gouverneur général de l'Algérie le 2K mars 1857. Général de division le 12 août 1857 , il remplit, en 1858, les fonctions d’inspecteur général d’infanterie. Il commandaiten 1859 la 5* division d’infanterie de l’armée de Lyon, qui devint, au mois d’avril dernier, la 3' du 3* corps de l'armée d’Italie; le général Bourbaki en garda le commandement. — La sort de la guerre a voulu qu’elle ne fût pas très-engagée dans le courant de la campagne; mais s’il en eût été différemment, chacun savait d'avance ce que la France et l'Italie pouvaient attendre de la rare vigueur et des mérites militaires du chef de cette division.
Le général Bourbaki a fait campagne en Afrique de 1836 à 1854. De la fin de cette dernière annéeà 1856, il a fait la guerre en Orient. En 1857, il était de nouveau en Algérie, et prenait part, avec son énergie habituelle , à la victorieuse eipédition qui soumit ohfln à nos armes la grande Kabylie.
Cité pendant sa carrière militaire plusieurs fois à l’ordre de l’armée, il eut au combat d’Jcheriden un cheval tué sous lui, et fut blessé en 1840 d’un coup de feu à la ïambe. Il recevait encore un coup de feu à la poitrine, au dernier afsaut qui devait nous livrer les défenses de Sébastopol.
L’expédition de Crimée est pour le général Bourbaki un glorieux souvenir; elle ajoute de belles pages à sa vie militaire : ces pages se nomment Alma, Inkermann, Sébastopol; là, il sut déployer toutes les qualités qui font le vrai soldat; là, il se plaça, dans la pensée de tous, au premier rang des meilleurs généraux dont s’houore l’armée.
CAMPAGNE D’ITALIE. '
Le maréchal jugeant alors que la division Bourbaki et la brigade Collineau de la division Trochu seraient suffisantes pour repousser l’ennemi, s’il se présentait dans la direction deMantoue, donne ordre au général Trochu de se porter sur Guiddizzolo avec la brigade Bataille et une batterie d’artiilerie, et de se mettre à la disposition du général Nid. Le général Trochu quitte aussitôt sa position, en arrière de Medole, pour se porter à l’appui du 4* corps (1).
Sur sa route le général rencontre deux ofiiciers d’étatmajor, le premier venant de la part du général de Failly, l’autre de celle du général Niel : tous deux demandaient du renfort. — Comme le général Trochu a reçu l’ordre
(1) Le général Trochu emmène avec lui la première brigade que commande le général Bataille; les so'dats ont déposé leurs sacs. 11 traverse rapidement Medole encombré déjà par de nombreux convoi» de blessés, et se jette à droite sur la route qui conduit à Guiddizzolo.
De tous cûlés, autour de lui, les combats livrés le matin ont laissé leurs traces ; les morts jonchent le sol , et parfois les blessés que l’on transporte, soit sur des charrettes, soit sur des civières, sont en si grand nombre que la route en est encombrée; le général s’arrête et salue , quand passent devant lui , ces tristes convois. Bientôt il rencontre le capitaine d’état-major de Bernouville, qui’ venait à Medole, de la part du général de Failly demander du renfort, puis, presque en même temps, le commandant du génie Petit attaché à l’état-major du général Niel qui venait de sa part prier le maréchal de lui envoyer des troupes ponr renforcer son centre.
« Je marche sur Guiddizzolo, répond Ife uénéral Trochu, mais j'ai reçu aussi instruction de me mettre aux ordres du général Niel et je suis prêt à me porter où il le jugera utile. *
Le commandant Petit part de touto la vitesse de son cheval et rejoint le général Niel, qui aussitôt envoie au général Trochu son aide de camp, le commandant Parmentier avec ordre de le diriger vers le centre, où il se tient de sa personne et qui est le point sur lequel l'ennemi s’acharne avec le plus de violence.