LIVRE 11, CHAPITRE V
de se mettre à la disposition du général Nie! , il suit son aide de camp, et lance sa brigade à travers champs dans la direction de la Casa Nova (1). — A une heure et demie il entrait en ligne.
CV1II. — Le général a formé sa ligne de bataille, face à Guiddizzolo, la gauche en avant de la Casa Nova, théâtre, pendant toute la journée, de luttes si acharnées : les bataillons sont déployés en colonnes; une ligne de tirailleurs couvre toute l’étendue du front. — Suivi de son étal-major, il va lui-méme reconnaître le terrain sur lequel ses troupes ne tarderont pas, selon toute probabilité, à être engagées. — Un vaste espace reste vide depuis Baite, oif combat la division de Failiy, jusqu’à la grande route où se trouve les divisions de cavalerie et l’artillerie de réserve du 4* corps, — Le général prend toutes ses dispositions de combat ; son
(l) Rapport du général de dirision Trochu au maréchal Canrobert commandant en chef le 3* corps d'armée.
a Conformément à vos ordres, j'ai quitté & midi 1/3 ma position en arriére (le Medole pour me porter en avaut du viilage à l’appui du 4‘ corps engagé depuis le matin avec la plus grande partie des forces autrichiennes dans une lutte tris-opini&tre dont le théâtre était fort étendu. ,
< A une heure et demie j’arrivais en ligne et me mettais à la disposition du général Niel, commandant en chef le 4* corps. Le général m’annonça qu’après avoir successivement engagé tout le monde, il me considérait comme sa dernière réserve, et que j'étais probablement destiné à mettre fin vers le centre h la lutte où les troupes du 4' corps prenant et reprenant successivement avec une admirable énergie les positions occupées -par l'ennemi, avaient vu s'épuiser leurs forces et une grande partie de leur effectif réduit par des pertes considérables. »
S52 CAMPAGNE D’ITALIE
aide de camp, le capitaine d’état-major, Capitan, dont l'intelligence grandit encore le zèle, porte scs ordres à tons les chefs de corps ; — la brigade, l’arme an bras, attend le signal de combattre.
• CIX. — Le maréchal Canrobert arrive aussi bientôt. — Sur son ordre, les bataillons sont plaeés en échiquier; puis, avec ce courage audacieux qui le distingue, il se porte en avant de la ligne des tirailleurs. — Le général Niel , qui, lui aussi , pendant celte rude journée s’était tenu au plus fort de la bataille, exposé sans cesse au feu de l'ennemi, accompagne le maréchal an milieu des balles et des boulets; tous deux s’entretiennent avec un calme que chacun admire , et qui porterait du chef au soldat Tétincelle du courage, môme dans les cœurs les plus timides.
La position est grave. — Pendant que le général Vinoy fait des prodiges de courage et de ténacité aux alentours de la Casa Nova, le général Niel a engagé ses dernières réserves qui font contre Guiddizzolo des tentatives impuissantes ; le commandant de Yassoigne amène au milieu *les tirailleurs ses deux batteries complètes et ouvre son feu avec énergie contre les colonnes autrichiennes qui veulent encore pénétrer dans le centre de la ligne de bataille. Ce feu, habilement dirigé, les arrête. — Le général de Luzy fait aussitôt sonner la charge et se lance sur l’ennemi avec un bataillon du 30' qui forme la tête de colonne. Ces braves