LIVRE II, CHAPITRE V
chaque bataillon, et d’une voix pleine d’une énergie radieuse , il dit aux soldats ce que l’on attend d’eux à cette heure décisive.
Un cri spontané de « Vive l’Empereur 1 * répond à ses paroles.
L’ennemi s’avance en trois colonnes, la première par la route qui, de Guiddizzolo conduit à Gasliglione, — la seconde par celle qui mène à Rebecco , — la troisième par un chemin creux tracé au milieu de ces deux routes.
14 janvier 1853 , ce brillant officier fut choisi pour aille de camp par le maréchal de Saint-Arnaud . lors de la guerre d'Orient ,8 avril 1834).
Le colonel Trochu, dans lequel le maréchal avait une confiance absolue. prit une large part aux événements importants et difficiles qui précédèrent l’expédition de Crimée. Quelques temps après la bataille de l’Alma, à laquelle il assistait, il fut nommé général de brigade (2i novembre 1844), £t resta auprès du nouveau général en chef Canrobert, jusqu’au moment où celui-ci se démit de son haut commandement. Alors il fut mis à la tête de la I'* brigade de la 2* division du 1*' corps, et fut grièvement blessé par un obus, le 8 septembre 1855, 4 l’assaut des ouvrages avancés de Sébastopol. la croix de commandeur de la Légion d'honneur récompensa sa brillante conduite (14 septembre 1855).
Membre du oomité d’état-major depuis 1856, le général Trochu fut nommé commandant de la 1'* brigade du 3* corps de l’armée d’Italie , le 14 avril 1858; puis général de division le 4 mai. en remplacement du général Bouat, mort subitement à Suze. U prit alors le commandement de la 2* division du même corps;
Officier énergique et d’une bravoure communicative, le général Trochu sait entratner au feu les hommes qu'il commande. Son énergique conduite 4 la bataille de Solferino devait lui valoir, dans le bulletinxie l'Empereur, une de ces citations qui sont, pour un soldai, un titre de noblesse :
« Le général Trochu marcha alors d V ennemi par bataillons serrés en échiquier, l'aile droite en avant, avec autant d’ordre et de sangfroid que sur un champ de manœuvres. *
CAMPAGNE D’ITàUE.
Les tirailleurs engagent le feu. — Le général Trochu s’est placé en tête de la brigade que commande le général Bataille. — Les bataillons sont formés en colonne serrée par division ; ils marchent en échiquier, l’aile gauche refusée. On dirait, à les voir s’avancer ainsi en silence, avec calme, et dans un ordre si parfait, leurs deux généraux en tète, qu’ils sont sur un champ de manœuvre et non sur un champ de bataille déjà couvert de morts , et sur lequel l’ennemi fait pleuvoir ses balles , ses boulets et ses fusées.
La seconde ligne sert de réserve : — l’artillerie, sous la protection d’une garde spéciale, se tient à portée d’agir au premier signal.
CXI. — Les tambours battent ; les clairons sonnent , le choc est terrible et furieux. — Si l’ennemi, d’un côté, cède le terrain ; d’un autre, il renouvelle son attaque et se jette sur nous plus impétueusement encore; il est impossible de saisir l’ensemble du combat, d’en prévoir les phases, d’en deviner l’issue; car le terrain est couvert d’arbres, tantôt isolés, tantôt par groupes, et il faut se lancer dans des champs de maïs, dont les tiges épaisses et élevées interceptent à tout iustaut la vue. Mais rien n’arrête l’élan des troupes.
Un instant, le 44*, lancé par le colonel Picrson ,. avec une grande vigueur et qui forme l’aile droite de la brigade, est entièrement débordée par la colonne de gauche des Autrichiens. — Mais le colonel et son lieute-