LIVRE II, CHAPITRE V
nant-coloncl Vandenheim, rallient autour d’eux les compagnies séparées et font rude résistance. Le général Bataille a compris la manœuvre des Autrichiens; il voit l’imminence du danger qui menace ce brave régiment, et fait faire face à droite aux deux derniers bataillons, qui se jettent, tête baissée, dans la direction d’une tuilerie entre Rebecco et Guiddizzolo. — Les deux commandants , Condamin et Richoux, entraînant leurs soldats, poussent si énergiquement l’ennemi devant eux, qu’ils lui enlèvent deux canons, et font rendre les armes à une compagnie entière.
CXII. — Pendant ce temps, le gros de la brigade a poursuivi sa course entre les deux routes. — A l'extrême gauche combat le 19* bataillon de chasseurs, à la tète duquel marche le commandant Le Tourneur. L’impétuosité, l’acharnement de l’ennemi font bien deviner qu’il tente un suprême et dernier effort.
Le général Trochu se multiplie avec une infatigable activité. — Il court à tous les bataillons lancés comme des enfants perdus au milieu des arbres, et sa présence redouble leur énergie. — Déjà, son aide de camp a eu son cheval tué sous lui ; un officier de son état-major, le capitaine Duquesnay, a son cheval blessé.
Le général s’élance dans toutes les directions, et brave la mort qui frappe autour de lui les plus vaillants chefs.
En avant du front de bataille est le 43* qui main- II 17
CAMPAGNE D’ITALIE
tient audacieusement l’ennemi, dont les masses semblent à tout instant prêtes à l’envelopper. Au moment où le général accourt, il voit tomber devant lui le brave colonel BrouUa , frappé mortellement à la tète par un biscaïen (1).
Mais les efforts des Autrichiens sont impuissants. — Avec le kk°, le général Bataille s’est emparé de la tuilerie qui est placée sur la route de droite, et s’en fait un solide point d’appui.
Ainsi se trouve assuré le (lanc droit de cette bri-