LIVRE II, CHAPITRE V
gade, qui combat sans réserve et isolée dans une vaste plaine.
CXIII, — Sur l’extrême gauche , les chasseurs à pied ont atteint la grande route de Mantoue , à une trèsfaible distance de Guiddizzolo ; mais, s’ils y sont parvenus, c’est qu’une des divisions de cavalerie, prenant une vigoureuse offensive, avait arrêté le mouvement dangereux d’un gros d’ennemis qui venait parallèlement à celte route de Mantoue.
En effet, nous savons que les trois divisions de cavalerie Partouneaux, Desvaux et Morris, se développaient dans toute l’étendue de terrain qui séparait le 2e et le 4e corps d’armée.
De la position qu’il occupait, le général Desvaux vit une très-forte colonne hongroise s’avancer contre le flanc gauche de la brigade Bataille; les massifs de bois qui bordaient la plaine permettaient à cette colonne de dérober à la fois sa marche à l’infanterie du général Trocliu, et à la division de cavalerie du général Partouneaux.
Pour cacher davantage encore l’important mouvement qu’elle médite, une nombreuse cavalerie couvre son front.
Le général Desvaux, qui se tient de sa personne sur la 1" ligne de sa division, s’apprête au combat. Les cœurs frémissent d’impatience et de joie.
Mais quelques coups de canon dirigés contre ces cavaliers ennemis, font dans leurs rangs de larges
trouées; on les voit subitement s’arrêter. — Du sein de la plaine s’élève un nuage épais de poussière : lorsque ce nuage se dissipe, la cavalerie a disparu, démasquant ainsi le mouvement en avant de l’infanterie, dont elle était chargée de voiler les approches. Celle-ci va bientôt atteindre la brigade Bataille et la prendre à revers. — U faut à tout prix arrêter sa marche.
CXIV. — L’instant est décisif; — le général Desvaux (1) comprend qu’il n’a même pas le temps de faire avancer son artillerie pour ébranler par quelque? coups
(1) LE GIÎNÉBAL DE DIVISION DESVAÜX.
De longs services en Afrique, des blessures, des actions d'éclat, un grand courage uni à un très-grand sang-froid, font du général Desvaux un de nos officiers supérieurs les plus distingués.
Le général Desvaux (Nicolas-Gilles-Toussaint), est né à Paris le 1" novembre 1810.
Nommé sous-lieutenant à l’Ecole de cavalerie, le 21 février 1831, sur la proposition de la commission des récompenses nationales, il sortait de l’Ecole comme sous-lieu tenaut élève, avec le numéro 1 sur 71 , et entrait au 4* hussards.
Lieutenant le 4 septembre 1837, il passait capitaine instructeur au 2* régiment de chasseurs, le 11 juin 1840.
Attaché, avec ce grade, au 3* chasseurs d’Afrique, le 3 octobre 1840, il partait pour l’Algérie, où il devait rester jusqu’en 1859, c'est-à-dire pendant 19 années. C’est là, au milieu de combats incessants, de fatigues journalières, d’épreuves de toute sorte, que le jeune officier, versant vaillamment son sang sur les champs de bataille, conquit tous ses grades. — C’est au milieu de cette guerre de tous les jours qu’il sut développer les brillantes ressources de son instinct militaire; ses services furent plusieurs fois signalés à ses chefs, et, en 1853, le général Jusuf lo désignait comme un officier qu'il fallait pousser le plus vite possible, dans l’intérêt de l’avenir de l'armée.
Cité plusieurs fois à l'ordre du jour pour s’être distingué dans les combats livrés aux Arabes en 1841 et 1842, chevalier de la Légion d'honneur le 3 juin 1844, il était nommé chef d’escadron au 1*' régi-